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Le mouvement féministe a une grande importance dans la société haïtienne, selon Gaëlle Bien-Aimé

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Si le mouvement féministe n’est pas nouveau dans la société haïtienne, il compte de nombreux détracteurs. Pourtant, si ce mouvement dérange les adeptes du patriarcat, il a toute sa place au sein de l’actuelle société haïtienne. « La bataille féministe en Haïti s’est toujours fusionnée avec une bataille pour la justice sociale et le bien-être collectif », a fait savoir Gaëlle Bien-Aimé lors d’une entrevue accordée au journal Le Quotidien News.

Une lutte qui dérange, c’est ce qu’a déclaré Gaëlle Bien-Aimé en guise d’une définition pour les détracteurs du mouvement. En effet, c’est une lutte qui dérange ceux qui ne jugent pas utile que les femmes réclament leurs droits ou qui refusent de voir que la société patriarcale est une société d’inégalités construites même à travers l’éducation reçue, la religion. Selon la comédienne, le féminisme est une question de droits humains, précisément celle des femmes puisque leurs besoins diffèrent de ceux des hommes et des autres catégories comme les gens du 3e âge.

La lutte des femmes a toujours existé au sein de la société haïtienne. En effet, dès la période coloniale, la femme esclave, par des pratiques comme l’avortement, luttait contre l’esclavage, tout en prouvant que son corps lui appartenait. Plus tard, la Ligue féminine d’action sociale, créée en 1934, allait jouer un grand rôle dans l’histoire de la lutte des femmes en Haïti. La ligue féminine luttait principalement pour l’égalité civile et politique. Un grand moment dans l’histoire du féminisme haïtien est le 3 Avril 1986. Elles ont été plus de 3000 à gagner les rues après le départ de Jean-Claude Duvalier. « Il n’y avait ni cellulaire, ni internet, mais le message a quand même pu se répandre et elles ont gagné les rues pour la Démocratie, la vie et le Bien-être », explique Gaëlle, fascinée.

La place du féminisme dans société haïtienne actuelle

L’injustice est criante dans cette société haïtienne actuelle. En effet, les droits fondamentaux de l’homme sont en péril. Les enlèvements multiplientles victimes, dont des femmes. Et puisque, comme l’affirme Gaëlle, « la bataille féministe en Haïti s’est toujours fusionnée avec une bataille pour la justice sociale et le bien-êtrecollectif ». Cette lutte est encore plus actuelle aujourd’hui.

Par ailleurs, encore aujourd’hui, des faits comme le harcèlement sont encore vus comme normaux par certains, d’autant plus que le Code Pénal en vigueur n’en parle pas. C’est pour cela que la jeune femme parle de « responsabiliser les hommes ». Selon Gaëlle Bien-Aimé, les hommes, puisqu’ils vivent avec les femmes dans la société, doivent bien voir qu’il y a quelque chose qui ne marche pas et que le système patriarcal n’est pas normal, comme beaucoup le croient : « Il n’est pas normal que nous quémandions des choses qui nous sont dues, cela n’a aucun sens », lâche-t-elle.

Qu’en est-il de l’éducation ?             

L’éducation, qu’elle soit à la maison ou à l’école, contribue à alimenter ce type société qui oblige les femmes à réclamer leurs droits. « La plupart de nos grandes écoles sont religieux et intègrent certaines valeurs chrétiennes dans le processus éducatif, des valeurs qui vont catégoriser les femmes et qui ne leur apprennent pas à s’engager, à s’impliquer », affirme la comédienne. La place de la religion au sein de cette société haïtienne compliquerait les choses puisqu’elle les oblige à faire l’éducation sous une autre forme, comme Nègès Mawon qui utilise l’art comme passerelle à travers les écoles. « Mais cela ne suffit pas puisque chez eux, les enfants reçoivent une éducation de leurs parents qui leur transmet la même qu’ils ont reçue », déclare-t-elle. Ainsi se pérennise le système patriarcal.

Sara Kestia Despeinges

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