Le Quotidien News

L'actualité en continue

Insécurité : la MMSS inefficace, la communauté internationale concocte une nouvelle potion pour Haïti

Les États-Unis et le Panama soumettent au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à lutter contre la violence croissante en créant une Force de répression des gangs et un Bureau d’appui des Nations Unies chargé d’apporter un soutien logistique aux efforts sur le terrain, a déclaré l’ambassadrice Dorothy Shea, Représentante par intérim des États-Unis lors d’une réunion d’information du Conseil sur Haïti le 28 août 2025.

La communauté internationale semble avancer à tâtons dans la crise haïtienne. Il y a un an, la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) paraissait être la solution pour restaurer l’ordre et la paix en Haïti. Toutefois, face à l’échec de cette mission et à l’escalade de la violence, la communauté internationale juge aujourd’hui indispensable la création d’une nouvelle force dédiée à la lutte contre les gangs armés dans le pays. À ce propos, l’ambassadrice Dorothy Shea a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que « les États-Unis et le Panama soumettent […] au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution visant à lutter contre la violence croissante en créant une Force de répression des gangs et un Bureau d’appui des Nations Unies chargé d’apporter un soutien logistique aux efforts sur le terrain ».

Mme Shea a exhorté à cet égard les membres du Conseil à se joindre à eux (États-Unis et Panama) pour répondre à l’appel du gouvernement haïtien, « alors que nous traçons une nouvelle voie vers la paix et la sécurité, et à créer le Bureau d’appui des Nations Unies afin de financer correctement et durablement cet effort ». Cela permettra, a-t-elle expliqué, à la mission de disposer des outils nécessaires pour lutter contre les gangs et garantir que l’État haïtien puisse répondre aux besoins fondamentaux de sa population.

Selon les propos de Mme Shea, la prochaine force internationale doit être dotée des ressources nécessaires pour contrôler le territoire, sécuriser les infrastructures et compléter la police nationale haïtienne. Parallèlement, elle pense qu’une approche globale est nécessaire pour perturber le financement des gangs, le trafic d’armes et autres flux illicites qui alimentent l’instabilité.

À en croire l’ambassadrice Dorothy Shea, le rétablissement de l’ordre et de la paix en Haïti doit être l’œuvre de tous. Et pour réaliser des progrès significatifs face à ce défi collectif, Mme Shea estime qu’il doit exister une responsabilité partagée entre les pays donateurs et les partenaires internationaux. « Nous avons besoin que les acteurs et les donateurs internationaux se joignent à la table des négociations et se joignent aux États-Unis, au Panama et à d’autres pays qui ont démontré leur engagement envers la sécurité d’Haïti, pour un partage significatif des responsabilités et contribuer à la stabilité du pays », a-t-elle déclaré, tout en affirmant que les États-Unis soutiennent «  le peuple haïtien dans sa quête d’un avenir sûr et stable pour son pays ».

Un mot d’encouragement pour les policiers kényans

Les États-Unis remercient le Kenya pour son dévouement, son leadership et son soutien au cours de l’année écoulée, c’est ce qu’a déclaré Dorothy Shea au Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour les États-Unis, si l’on se réfère aux propos de l’ambassadrice Shea, « le Kenya a répondu à l’appel d’Haïti à un moment critique, faisant preuve d’une compassion et d’un courage immenses, mettant sa population en danger à des milliers de kilomètres de chez elle et empêchant l’effondrement total de l’État haïtien ». La Représentante par intérim des États-Unis a même estimé que « sans la présence de la mission MSS, les gangs auraient été encore plus enhardis dans leurs ambitions et leurs atrocités éhontées contre les civils en Haïti ».

Par ailleurs, Mme Shea condamme « le recrutement d’enfants dans des gangs armés et l’impact disproportionné de la violence des gangs sur les enfants ». En raison de la violence, révèle-t-elle, plus de 1,3 million de personnes – dont la moitié sont des enfants – ont été déplacées. « Les enfants sont constamment exposés au risque d’être tués ou blessés lors d’attaques de gangs, d’opérations policières ou d’actes de vindicte populaire », a dénoncé la Représentante par intérim des États-Unis, tout en soulignant que le recrutement forcé par les gangs et les violences sexuelles récurrentes privent les enfants de la vie paisible qu’ils méritent.

Mis à part le problème de l’insécurité, Haïti est également en train de faire face à une crise alimentaire aiguë. À en croire l’ambassadrice Dorothy Shea, l’insécurité alimentaire demeure pareillement une préoccupation pressante. « Les aides humanitaires et vitales en cours en Haïti comprennent une aide alimentaire d’urgence produite aux États-Unis, un soutien nutritionnel, des services logistiques, des abris, de l’eau potable et des services médicaux pour les Haïtiens touchés par la crise », a-t-elle expliqué. De plus, elle a précisé que ces programmes répondent à des besoins essentiels tels que la nourriture, les abris, les soins médicaux pour les enfants victimes de violences et les survivants de violences sexuelles, le traitement et la prévention du choléra, l’hygiène et la prise en charge de la malnutrition pour les familles et les enfants.

Le dossier d’Haïti : Antonio Guterres fait le point !

Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, la crise alimentaire à laquelle fait face Haïti est inquiétante. À ce sujet, il a révélé lors de son allocution que le bilan humanitaire est effarant : 1,3 million de personnes – dont la moitié sont des enfants – ont dû fuir leur foyer. « Haïti est l’endroit où l’aide humanitaire est la moins financée au monde », a déclaré Antonio Guterres au Conseil de sécurité de l’ONU le 28 août 2025. «  Il ne s’agit pas d’un manque de financement. C’est une urgence vitale », a-t-il rappelé.

À en croire M. Guterres, six millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. « Haïti fait désormais partie des cinq points névralgiques les plus préoccupants au monde en matière d’insécurité alimentaire aiguë. Les travailleurs humanitaires, en particulier les intervenants locaux, sont pris pour cible et font l’objet de menaces de violence, d’extorsion et d’enlèvement », a-t-il révélé, en appelant le Conseil de sécurité à donner la priorité aux enfants qui, selon lui, sont les plus affectés dans cette crise.

M. Guterres exhorte par ailleurs les membres du Conseil de sécurité à agir sans délai et à autoriser une force internationale, soutenue par les Nations Unies par un soutien logistique et opérationnel, ainsi que par un financement prévisible. Toutefois, le secrétaire général de l’ONU pense que « les mesures de sécurité doivent aller de pair avec une pression accrue sur ceux qui alimentent la violence ».

Cela comprend, a-t-il expliqué, un embargo efficace sur les armes, ainsi qu’une extension ciblée des sanctions contre les chefs de gangs, les financiers, les trafiquants d’armes et autres personnes qui leur sont liées. « Ces mesures sont essentielles pour couper court aux armes et à l’argent qui entretiennent le chaos. Les mesures de contrôle – dans les ports, aux frontières et en ligne – doivent être renforcées, en étroite coordination avec les partenaires régionaux », a exigé M. Guterres en réaffirmant sa solidarité indéfectible et la détermination des Nations Unies à se tenir aux côtés du peuple haïtien pour la paix, la dignité et la sécurité.

Jackson Junior RINVIL

rjacksonjunior@yahoo.fr

Laisser un commentaire