28 février 2025

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Jusqu’où ira le déplacement massif et forcé des habitants avant que cela ne cesse ?

En 2019, sous le regard complice du Président de la République, aujourd’hui disparu, les résidents de Martissant ont été contraints de quitter leurs maisons sous la menace de bandes armées luttant pour le contrôle territorial. Ce fut le début du calvaire pour la population de la zone métropolitaine.

Ces bandes ont tué, pillé, violé et semé la terreur, forçant la population à fuir. Depuis, cette zone est abandonnée, les gangs y imposent leur loi, tuant à leur guise et établissant leurs propres règles sur les routes. Le gouvernement à l’époque n’a entrepris aucune action concrète pour reprendre ce territoire hors de contrôle.

Les jours passent, et la population demeure abandonnée à son sort, tandis que les bandes armées poursuivent leur plan bien orchestré. De plus en plus de zones sont menacées, contraignant les habitants à fuir. On pourrait croire que ces individus cherchent quelque chose de précis, une quête acharnée pour reconquérir une chose précieuse perdue.

En 2023, malgré la résistance des habitants, la population de Carrefour-Feuilles, une zone regroupant près de 25 quartiers, a été contrainte de quitter ses lieux chéris, entretenus depuis des années. Aucune action concrète du gouvernement n’a été ressentie pour les en empêcher. La population a dû se réfugier dans des écoles publiques pour tenter de survivre et d’échapper à la violence. L’action gouvernementale reste imperceptible.

Les bandes armées ont brûlé, pillé, tué et détruit complètement l’espoir d’une population déjà démunie. Les quartiers de la Plaine du Cul-de-Sac, Torcel, Tabarre, Croix-des-Bouquets, entre autres, sont restés sous menace quotidienne ( 2021 à nos jours ).De nombreuses personnes ont été chassées de leurs maisons, des écoles, d’universités et des facultés ont été incendiées par les gangs.

Partout dans la zone métropolitaine, la terreur est devenue une norme. La population se lève et se couche au son des armes automatiques des bandes armées. L’État est-il complice ou responsable de tout cela ? Jusqu’à présent, nous n’en savons rien. Nos jours sont comptés, car l’espérance de vie de la population est désormais de 24 heures renouvelables.

Les bandes armées poursuivent leur mission, et en février 2024, on pensait assister à la bataille finale. Ils ont attaqué simultanément toutes les communes de la zone métropolitaine (Croix-des-Bouquets, Port-au-Prince, Delmas, Pétion-Ville, Tabarre, Carrefour…). Les forces de l’ordre, tentant de les repousser, ont connu de lourdes pertes. Encore une fois, les bandes armées, bien entraînées, ont expulsé la population, incendié partout, pillé tout sur leur passage. Des institutions telles que : les facultés de médecine, des sciences, d’odontologie, des écoles de sages-femmes, d’agronomie, des écoles classiques : le Collège Bird, le Collège Saint-Martial, les Lycées : Pétion, Toussaint Louverture, l’Université UNICA, des hôpitaux comme l’HUEH (Hôpital Général), Saint-François de Sales, le Sanatorium, et récemment Bernard Mevs, ont été détruites.

Dans cette misère, les étudiants, élèves, ont tenté de sauver l’année académique, la plus difficile depuis le début du drame. On a enregistré de nombreuses pertes humaines, des institutions complètement détruites, peut-être à jamais.

L’arrivée d’une mission internationale, porteuse d’espoir, n’a pas empêché la destruction continue de la population de la zone métropolitaine. Les bandes armées se sont dispersées partout. Dans le département de l’Artibonite, la population est aux abois ; dans la commune de Gressier, les habitants sont chassés de leurs propres maisons. Pour se rendre dans le Grand Sud, il faut emprunter dans des conditions difficiles, la voie maritime, sinon on risque sa vie.

L’action gouvernementale et celle des forces de l’ordre ne sont pas efficaces et n’ébranlent pas les bandes armées. La mission internationale et la police, ensemble, n’arrivent toujours pas à cerner le problème. Les bandes armées continuent de poser des questions, mais personne ne veut apporter de réponse concrète.

Les quartiers dits « résistants » commencent à faiblir (Solino, Nazon, Delmas 30) et sont désormais sous le contrôle des bandes armées. On enregistre depuis des massacres permanents, des déplacements continus de la population et une indifférence du gouvernement.

En ce mois de février 2025, un an s’est écoulé, et les rares quartiers encore hors du contrôle des bandes armées vivent sous une menace constante. Chaque jour, ils luttent pour résister, sans savoir quand ces forces grandiront et viendront les chasser de leurs derniers bastions.

Les membres du Conseil de Transition ne sont-ils pas complices ou la situation leur est-elle favorable ? Les membres du gouvernement se sentent-ils bien lorsqu’ils quittent leur maison pour se rendre au travail ? Sont-ils payés pour nous détruire ou nous protéger ?

Je sais que je ne trouverai jamais de réponse à mes interrogations, mais je me demande si l’avenir d’Haïti est à l’ordre du jour de leurs réunions.

Je lance une fois de plus un cri d’alarme à la population afin qu’elle se réveille et se batte de tout cœur pour son bien-être. Nous ne pouvons pas continuer à mourir sous le regard complice de nos soi-disant dirigeants. Nous ne pouvons pas continuer à croiser les bras face à des dirigeants insouciants qui bafouent l’avenir de nos enfants. Nous devons plus que jamais nous dresser contre ces oppresseurs qui veulent à tout prix nous maintenir dans la misère.

Quitter le pays n’est plus une option viable ni une garantie, d’autant plus qu’aujourd’hui, nous sommes dans le viseur du gouvernement américain et de la République Dominicaine. L’exil autrefois perçu comme un refuge devient désormais une incertitude, un labyrinthe aux issues de plus en plus étroites.

J’en appelle solennellement à toutes les forces vives de la nation à s’unir autour d’une même table afin de restaurer l’autorité de l’État et de bâtir une Haïti prospère. Plus que jamais, il nous faut puiser dans l’idéal dessalinien, qui prône la justice sociale, la réforme agraire et la sécurité nationale. Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de notre nation, rêvait d’une société équitable où chaque citoyen aurait sa juste part des richesses du pays. Aujourd’hui encore, cette vision demeure un phare pour guider Haïti vers un avenir meilleur.

Pour concrétiser cet idéal, il est impératif de renforcer nos institutions, d’instaurer une gouvernance intègre et transparente, et d’encourager une participation citoyenne active. Ensemble, en ravivant l’héritage dessalinien, nous pouvons rebâtir une Haïti souveraine, juste et prospère, fidèle aux idéaux de nos ancêtres.

Walky TIJIN

Médecin

Citoyen engagé

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