En Haïti, la violence numérique à l’encontre des femmes et des filles est devenue un fléau qu’il est urgent d’éradiquer. Dans une note de presse publiée le 24 novembre 2025, le Collectif Défenseurs Plus exprime sa profonde préoccupation face à l’expansion de cette forme de violence. À cet égard, l’organisme de défense des droits humains lance un appel urgent face aux violences systémiques et endémiques que subissent les femmes et les filles haïtiennes et qui affectent leur quotidien.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Collectif Défenseurs Plus estime qu’il est important d’alerter la population sur ce fléau qui porte atteinte à la dignité des femmes et des filles, et ce, quotidiennement. La violence numérique, rappelle le Collectif, est une nouvelle forme de brutalité qui a émergé avec les technologies de l’information. L’organisme de défense des droits humains souligne que « les outils numériques véhiculent ce qu’ils trouvent comme informations dans le monde réel. Ils peuvent occasionner différentes formes de violences, telles que le cyber-harcèlement, la cyber-intimidation et des menaces portant atteinte à la dignité humaine ».
Dans un contexte national déjà marqué par de multiples formes de violences, de nombreuses femmes ont été forcées de quitter leur quartier pour se réfugier dans des camps de fortune, révèle le Collectif Défenseurs Plus. Dépouillées de leurs moyens de subsistance, ces femmes se retrouvent exposées à l’insécurité ainsi qu’aux agressions physiques et sexuelles, explique l’organisation, qui « lance un appel urgent face aux violences systémiques et endémiques que subissent les femmes et les filles haïtiennes et qui affectent leur quotidien ».
Le Collectif Défenseurs Plus rappelle, en se référant à l’Institut Panos, que « sur 10 images partagées sur TikTok, 8 dénigrent les femmes. Et, selon les données de la Banque mondiale, moins de 40 % des pays membres des Nations Unies disposent de lois protégeant les femmes contre le harcèlement en ligne ».
Dans le cas d’Haïti, malheureusement, « les signalements de violences en ligne restent largement insuffisants. Les lacunes du système judiciaire haïtien profitent aux agresseurs », déplore l’organisme de défense des droits humains.
Le Collectif Défenseurs Plus dit profiter de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes pour plaider en faveur de la reconnaissance de la violence numérique comme une menace pour les droits des femmes et des filles en Haïti. En ligne comme hors ligne, tous les espaces doivent être exempts de violences sexistes et de violations des droits humains, plaide l’organisation, tout en réaffirmant son engagement en faveur de la construction d’une société juste, inclusive et équitable.
Les femmes ciblées
Les femmes ayant une forte présence publique sont particulièrement ciblées, notamment les responsables politiques, les militantes et les journalistes, parmi lesquelles 73 % déclarent avoir fait l’objet de violences en ligne, a relaté La dépêche.
38 % des femmes ont été victimes de violence en ligne
Selon ce média, les chiffres transmis par l’ONU soulignent la portée du phénomène : 38 % des femmes ont été victimes de violence en ligne, et 85 % de celles présentes sur Internet ont été témoins d’attaques visant d’autres femmes. Parmi les tactiques les plus répandues, la mésinformation et la diffamation sont signalées par 67 % des victimes. L’usage non consenti d’images hypertruquées constitue une autre menace majeure : 90 à 95 % des deepfakes en circulation sont des contenus pornographiques non consensuels, dont environ 90 % représentent des femmes.
Jackson Junior Rinvil
