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Ce n’est pas un accident!

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Ce pays se prépare à accueillir une nouvelle force multinationale. Une de trop en l’espace de trente-quatre ans. À en croire les autorités en place, cette mission doit arriver incessamment. Ce sont les dernières mises en place qui sont en train de se faire avant le déploiement. 

Onze missions onusiennes dans un seul et unique but. Celui de corriger la violence. Cela fait mathématiquement une mission tous les trois ans. Le témoignage vivant de la complexité de l’instabilité politique en Haïti. De l’amateurisme des politiciens. Du manque de patriotisme de ceux qui militent activement dans la politique.

La plupart de ces missions sont venues dans un contexte qui succède ou précède une transition politique. En 2004, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) est arrivée pour pallier le départ de l’ex-Président Jean Bertrand Aristide et assurer la stabilité durant la transition de Boniface/Latortue. Une période marquée par la violence de plusieurs groupes armés. Cette mission a perduré jusqu’à la  transition suivante de 2016 sous la Présidence de Jocelerme Privert. Présentement, c’est encore un Gouvernement de transition qui sollicite et obtient l’aide militaire internationale pour Haïti.

Chaque transition sa mission internationale.

C’est normal puisque nous pensons être le centre du monde. Le pays est convoité par toutes les nations de la terre. On se voit comme un enfant sur lequel veille tout l’univers. Quand on pleure, tout le monde se précipite à notre chevet. Pourquoi faut-il faire le nécessaire si la communauté internationale doit systématiquement venir à notre aide? Pourquoi doit-on travailler au renforcement des institutions si nous savons que les autres seront toujours là pour nous aider ? Comment peut-on décoller avec ces idées racistes que toutes les nations nous envient pour avoir conquis l’indépendance? Nous n’arrêtons pas de justifier maladroitement nos bêtises. Comment changer la donne en se voyant comme une province des États-Unis ? Ou en attendant son aval pour tout.

Ce n’est pas un accident quand nous prenons l’école comme une arme politique. Ça ne pourrait être autrement quand nous sabotons d’année en année le calendrier scolaire. Quand on fait la politique en menaçant les parents, les écoliers, les universités, etc. Pendant trente-quatre ans, on ne fait que ruminer. Jamais un pas dans la bonne direction.

Ça n’a jamais été un accident. Ce ne sera pas le cas à l’avenir si nous ne décidons pas aujourd’hui. Si nous ne changeons pas d’attitude. C’est un secret de polichinelle qu’il faut séparer l’école de la politique. Malheureusement, on perd de plus en plus confiance dans le système éducatif haïtien. Ils ont réussi à nous faire croire que notre avenir est ailleurs. Nous avons franchi les interdits et nous n’en sommes pas conscients. Alors que dire de notre lendemain? Le cycle des transitions et des missions étrangères continuera à coup sûr. 

 Daniel SÉVÈRE

danielsévère1984@gmail.com

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