ven. Juil 1st, 2022

Le Quotidien News

L'actualité en continue

Insécurité alimentaire : « 45% de la population nécessite des actions urgentes », selon la CNSA

3 min read

Les nouvelles ne s’améliorent pas pour la population haïtienne. De fait,  selon le dernier rapport de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), « 45% de la population se trouve dans une situation qui nécessite des actions urgentes ».

Le panier alimentaire moyen a augmenté de 6% en rythme mensuel et de 52% en rythme annuel.Le coût nominal moyen du panier alimentaire, en Avril 2022 se situe autour de 3,209 gourdes par personne par mois, soit 16,045 gourdes pour une famille de 5 personnes, contre 3,016 gourdes en Mars 2022, tandis qu’en 2019, ce dernier en était à 1425 gourdes par personne.  

« Les  quatre zones se trouvent classifiées en Urgence (Phase 4 de l’IPC), tels que la partie côtière du département du sud, le bas Nord-Ouest et le haut plateau ainsi que les quartiers pauvres et très pauvres de Cité Soleil. Le reste du pays continue de présenter une situation globale d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) », lit-on dans le rapport. « 45% de la population se trouve dans une situation qui nécessite des actions urgentes », a fait savoir la CNSA. Elle estime que la situation ne devrait pas s’arranger malgré une meilleure récolte prévue pour le grand Sud et des conditions pluviométriques plutôt favorables, pour le reste du pays les conditions de récolte sont malheureusement incertaines pour cette année.

Cette augmentation du coût du panier alimentaire est due à de nombreux facteurs qui sont internes qu’externes, selon la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA). Les facteurs externes : la dépréciation progressive de la gourde se trouve sans surprise dans la liste des facteurs à l’origine de cette augmentation. Considérant la dépendance des ménages haïtiens face aux produits importés notamment en République Dominicaine et aux États-Unis. Selon les données collectées par la CNSA, « le coût du panier alimentaire est tributaire de la variation du taux de change » mais n’explique pas entièrement l’augmentation des coûts.

En mars 2022, le coût du panier a légèrement augmenté plus rapide que le taux de change, ce qui peut être expliquer par la crise russo-ukrainienne à l’origine d’une augmentation conséquente des prix de certains produits comme les céréales, dont les deux antagonistes de cette crise sont d’importants producteurs et importateurs, d’après la CNSA. Selon cette institution,  « le comportement des prix des produits importés sur le marché local est déterminé par divers facteurs, entre autres, la tendance des prix au niveau du marché mondial et particulièrement les prix sur le marché américain. Haïti étant le deuxième importateur du riz américain en termes de volume »,  ce qui n’a pas arrangé pas les choses.

En effet,  pour le mois d’Avril 2022, c’est d’environ 621 USD la tonne contre 600 USD le mois mars et 561 USD en avril 2021, accusant ainsi une hausse de 4% en rythme mensuel et de 11% en glissement annuel. Il en est de même pour le maïs dont les prix  ont dépassé de 4% en comparant ceux du mois de mars au mois d’avril et 31% par rapport à l’année 2021.

En guise de facteurs internes. La CNSA note la situation d’insécurité qui entrave la libre circulation des marchandises, la hausse du prix de carburant, la période de soudure, les effets du séisme sur l’approvisionnement des marchés. On peut voir selon la CNSA, que les marchés locaux ont tous eu une augmentation plus ou moins significative du coût de leur panier alimentaire. Selon la CNSA, « les plus fortes hausses sont observées au niveau des Cayes (68%), de Jérémie (59%), de Port-au-Prince (53%), de Hinche (53%), de Cap-Haitien (51%), de Gonaïves (51%) et de Ouanaminthe (50%). Les autres marchés régionaux affichent une hausse allant de 39% à 47% ».

Cela peut s’expliquer selon la CNSA par les superficies emblavées qui demeurent inférieures par rapport au printemps de l’année 2021 en raison : « Des coûts élevés des intrants (engrais, semences, pesticides) ; De la rareté et la cherté de la main-d’œuvre ; Des retards dans la pluviométrie (Artibonite, Nord-Ouest) ; Peu et/ou absence d’appui au lancement de la campagne ; Décapitalisation et le découragement des exploitants agricoles ».

Joseph Yevgueny O.

joyito33@gmail.com

Laisser un commentaire