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Camp-Perrin, une ville complète qui cherche à se relever!

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Située à 22 kilomètres au nord de la ville des Cayes, la ville de Camp-Perrin a tout pour se faire une place de choix parmi les villes de province. Ancien lieu de villegiature, elle était renommée pour ses nombreux atouts générateurs de revenus. Les années ont passé et les catastrophes naturelles ont frappé durement cette ville qui, de ce fait, a perdu de sa splendeur. En dépit de tout, elle essaie de renaître de ses cendres tant bien que mal.

La ville de Camp-Perrin est construite sur la rive droite de la rivière la Ravine du Sud, à l’ouest sur la commune de Torbeck. Elle a une superficie de 151,42 kilomètres carrés. Elle aurait été fondée par le Français Perrin de Saint-Aubin à la fin du XVIIIe  siècle. Perrin de Saint-Aubin aurait créé un camp militaire à l’emplacement de l’actuelle Église Catholique de Sainte-Anne. C’est la commune la plus haute du département du Sud avec une altitude moyenne de 200 mètres. Avec ses vingt-cinq points d’eau, dont sept rivières, onze sources, six étangs, Camp-Perrin reçoit plus de 5 mètres de pluie par an. Sa végétation dense procure un climat frais et une production agricole riche. Elle a trois sections communales : Lévy/Mersan; Champlois; Tibi Davezac.

Du point de vue géographique, elle possède des pics (Ka Renmon, Lapòt), des plateaux boisés (Nanso), des escarpements (Joumpatann), des rivières et leurs affluents (Opak, Lasous, Nan vivye), des cascades (Telisma, Saut-Mathurine), de nombreux étangs (Letan Dwat, Letan Lacho). Elle contient des mines de lignite non exploitées. La culture du cacao, de la canne à sucre et des bananes y est pratiquée. L’élevage est aussi une source de revenus pour la ville.

La ville de Camp-Perrin possède entre autres deux bibliothèques, plusieurs night-clubs, deux places publiques, quatre gaguères très actives, animées surtout par les vieillards revenus de la République Dominicaine avec des coqs préparés pour les combats du dimanche, deux salles de théâtre et une grotte : la grotte de Kounoubois qui se trouve à quelques kilomètres du centre-ville. Cependant, le véritable centre d’attraction de Camp-Perrin est le Saut-Mathurine qui attirait les touristes et les amants de la nature.

D’une profondeur de 27 mètres et d’une largeur de 30 mètres, le Saut Mathurine  se trouve à une altitude de 238 mètres. La chute se trouve à près de sept kilomètres au nord-est du Centre-ville sur la route nationale # 7 (route de Jérémie) jusqu’à Marceline. Un kiosque de 18 mètres carrés a été construit par le Ministère du Tourisme en face de la chute. Elle sert d’abri aux visiteurs et de lieu de repos pour les touristes. C’est un endroit panoramique pour admirer la chute loin de la brume et  se protéger des pluies fréquentes à cause de l’altitude. Saut-Mathurine prend sa source dans la rivière de Cavaillon. Elle est la plus grande cascade d’eau d’Haïti et elle s’étend à plus de 100 pieds.

Les eaux de la chute ne sont pas seulement utilisées à des fins touristiques comme les plongeons, les baignades et les études marines. Elles sont aussi utilisées également dans la production d’électricité grâce à un captage dans un bassin dénommé Mahot. Elles alimentent les 3 turbines hydroélectriques de 800 kilowatts chacune permettant d’alimenter la ville de Camp-Perrin et de Maniche. La puissance maximale peut atteindre les 2.4 mégawatts lors des saisons pluvieuses et 1.2 mégawatts en saison sèche. La centrale fonctionne avec deux groupes en synchronisation avec la centrale thermique de Boudette, située dans la ville des Cayes.

Durant ces dernières années, après le passage de l’Ouragan Matthieu en 2016, Camp-Perrin, réputé en quelque sorte pour ses verdures naturelles,  a connu de nombreuses péripéties. Pertes en vies et biens, chute des activités agricoles. Ce qui a perduré jusqu’au passage du séisme du 14 août 2021. Des fissures au niveau du Saut ont diminué la chute. Suite au cyclone Grâce, l’eau est revenue en force et son niveau tend à se stabiliser. Toutefois, elle tarde encore à regagner sa force précédente.

Avec la crise sociale, les activités touristiques ont diminué à Camp-Perrin et les interminables vacances ont disparu du calendrier scolaire des enfants qui regagnaient leur ville natale dès les premiers jours. Camp-Perrin possède les atouts pour se developper d’elle-même. Cependant, l’interdépendance des villes haïtiennes handicape leur développement. Surtout qu’à Camp-Perrin, aucune exploitation des potentialités touristiques n’a été vraiment faite. Tout se repose sur les seuls avantages du Saut-Mathurine.

Geneviève Fleury

genevievef359@gmail.com

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