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De mal en pis

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Haïti n’a jamais été si près de l’effondrement total même dans ses crises les plus répétitives et les plus constantes. En 2020, les données de la banque mondiale n’indiquent que plus 70% de la population haïtienne vit avec moins de 2 dollars par jour et 50% avec moins d’1 dollar par jour.

Le grand commerce est dysfonctionnel à plus de 50%. Les activités de vente informelles vont au rythme des journées de crise devenues constantes et ingérables.  La pénurie du carburant, sa redistribution au marché noir, durent déjà quelques années pour devenir une pratique à visière levée ces sept derniers mois particulièrement entre mai et octobre 2021 et qui va peut-être se dégénérer dans les mois à venir.

L’assassinat immonde de l’ancien président Jovenel Moïse le 7 juillet que l’on croyait être le déclic pour désamorcer la descente aux enfers, n’a été qu’une goutte d’eau  qui a fait déborder encore plus, le vase de la déchéance, de la criminalité et de l’insouciance.

Si l’ancien chef de l’État avait tout fait pour détruire les institutions en légitimant la “gangsterisation” du pays, son meurtre n’a pas fait qu’achever son œuvre, mais a explosé le pays comme dans la théorie du magasin de porcelaine.

Les dirigeants en place, se perdent. Ils sont comme tombés dans un tourbillon où ils sont tournoyés et terrassés par un ouragan.  Et là, ils commettent des dégâts, pires que l’éléphant dans ce magasin de porcelaine. Une centaine de gangs armés se partagent le territoire national avec l’occupation de plus d’un quart de la région métropolitaine de Port-au-Prince devenues un enfer pour certains.

Les bandits font ce qu’ils disent et défient tout le monde. Même la plus grande puissance militaire, paraît-il, s’il faut prendre en compte que presque plus de trois semaines se sont écoulées, les 400 Mawozo détiennent encore les 16 missionnaires américains et le canadien, exigeant 17 millions de dollars pour leur libération.

Les discours et promesses de certains hauts placés du Gouvernement de l’Oncle Sam restent toujours dans le vent. Toute la population haïtienne vit dans une peur bleue du kidnapping. Hommes, femmes, enfants, lorsqu’ils sont enlevés, ils payent toute leur économie où se comblent de dettes, et malgré cela, ils sont généralement battus, violés, sodomisés lorsqu’ils ne sont pas tués. Les écoles en deviennent des cibles. Et la société reste bouche bée.

Entre fin juillet et la mi-septembre, l’actualité en Haïti était tenue par un mot:” Accord”. Montana, Pen, 11 septembre…, tout le monde en parlait, même sans trop savoir ce que cela voulait vraiment dire.  À la fin, durant tout le mois d’octobre, on a l’impression que les yeux des acteurs étaient tous tournés vers le Premier ministre Ariel Henry pour, disaient-ils, un plus large consensus dans l’Accord du 11 septembre et son application, en vue de la mise en place d’un Gouvernement de transition concerté. Mais niet, alors que novembre s’écoule, que les gangs armés gagnent du terrain, que le kidnapping impose ses lois, que le carburant devient plus rare que jamais et que la faim atteint plus de 60% (BM) de la population qui est en paupérisation constante. Pourquoi le Premier ministre haïtien se refuse-t-il à proposer ce nouveau Gouvernement alors que la situation se dégrade beaucoup plus chaque jour? Serait-il trop aveuglé par le pouvoir pour se rendre compte qu’il est dépassé par les événements et qu’il ne dirige plus rien du tout?

Pourquoi les États-Unis ne se montrent pas trop intéressés par l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse? Où est passée l’enquête du FBI? Pourquoi les autorités américaines se refusent-elles à toute demande d’aide militaire pour faire face aux gangs armés si elles ne sont pas complices? Pourquoi depuis son arrivée à la tête de la PNH le 21 octobre dernier en remplacement de Léon Charles, Frantz Elbé n’a encore tenu aucune déclaration rassurante ni posé aucune action d’éclat? Il attend quoi?

Pourquoi la Police est-elle si passive? Pourquoi plus aucune opération n’est planifiée et réalisée après la débâcle de mars 2021 à Village de Dieu? Le peuple observe et accepte, ne se demande pas ce qu’il va advenir de lui dans les années à venir. Est-ce qu’il n’y aurait pas un plan beaucoup plus macabre derrière tout cela? Une occupation dominicaine par exemple, ou une stratégie américaine pour nous dépouiller de nos ressources, de notre dignité, de notre fierté de peuple historiquement puissant devenu va-nu-pieds!

Il est cependant, perfas et nefas, un fait que si nos conditions continuent de se dégrader, de se détériorer à ce rythme, que l’Américain continue de nous tenir par la gorge, nous empêchant de respirer, que nos dirigeants ne se réveillent pas,  que le peuple reste ensommeillé dans sa léthargie, nous allons vers la fin de notre histoire de peuple libre et souverain.

Jackson Joseph pour la nouvelle Haïti 🇭🇹!

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