dim. Jan 23rd, 2022

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Faire face aux quatre défis de la santé, un impératif pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) en Haïti

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 « Réflexion de Danove Jose Karly DIEUFORT, Interne à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) »

a)      QUE SONT LES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD) ?

Les Objectifs de développement durable (ODD), également nommés Objectifs mondiaux, sont un appel mondial à agir pour éradiquer la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité.

Adoptés par l’ONU, les 17 ODD constituent l’Agenda 2030, qui associe à chaque objectif, des cibles à atteindre à l’horizon 2030 ; cependant, ils reconnaissent que les interventions dans un domaine affecteront les résultats dans d’autres et que le développement doit équilibrer les aspects sociaux, économiques et environnementaux.

L’ODD Numero3 est intitulé : « BONNE SANTE ET BIEN­-ETRE », il vise à donner les moyens de mener une vie saine et promeut le bien-être de tous à tous les âges.

b)     DES BESOINS EN SANTÉ EN PROGRESSION CROISSANTE

La situation sanitaire est marquée par l’incidence grandissante des maladies transmissibles qui cohabitent avec les maladies infectieuses. Le tableau est exacerbé par les nouveaux défis qui apparaissent au fil des ans, accentuant la pression sur un système de santé déjà surchargé peinant à remplir ses obligations. En effet, le système de santé haïtien loin de faire face à un double fardeau, doit en réalité faire face à quatre fardeaux qui sont :

1)      LE CONTRÔLE DES MALADIES INFECTIEUSES

2)      LA PRISE EN CHARGE ET DE LA PRÉVENTION DES MALADIES CHRONIQUES

3)      LES ACCIDENTS DE LA VOIE PUBLIQUE

4)      LA GESTION DES CATASTROPHES ET DES URGENCES SANITAIRES

DÉFI NUMÉRO 1 : POURSUIVRE LES EFFORTS DE CONTRÔLE DES MALADIES INFECTIEUSES

Des efforts substantiels ont été consentis pour améliorer la santé de la population haïtienne notamment avec les programmes de vaccination. Initiés depuis des années, ces programmes ont permis d’espérer des solutions avec certaines maladies mortelles chez les enfants comme la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la rougeole avec un recul de la mortalité infanto-juvénile. Durant les 15 dernières années, à travers des mécanismes de financements nouveaux, les programmes verticaux de lutte contre le VIH, la Tuberculose et le Paludisme ont enregistré des résultats significatifs qui ont contribué à renforcer les gains. Malgré ces progrès, les efforts doivent être accélérés pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD). En effet selon les projections de l’OMS, le rythme de baisse des incidences de la Tuberculose et du Paludisme ne permettra pas d’atteindre les cibles fixées (respectivement 0,6 et 16,5 alors que les projections actuelles font état de 1.7 et 80/1000). Il s’y ajoute que le SIDA continue à tuer et que les maladies tropicales négligées peinent à recevoir toute l’attention requise.

DÉFI NUMÉRO 2 : PRÉVENIR ET PRENDRE EN CHARGE LES MALADIES CHRONIQUES

L’irruption des maladies non transmissibles (MNT) comme le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires chroniques ont changé le profil épidémiologique d’Haïti. En moyenne, 49% des femme et 38% des hommes de plus de 35 ans ont une hypertension en Haïti et 14% des femmes et 8% des hommes présentent un taux élevé de sucre dans le sang. Selon les estimations, les MNT seront la principale cause de décès en Haïti ; et le fardeau du cancer va doubler entre 2015 et 2030 si rien n’est fait. Ces maladies sont responsables de souffrances et de décès prématurés évitables. Elles s’attaquent aux adultes en particulier et par conséquent réduisent la productivité, appauvrissent les ménages (qui supportent la quasi-totalité des dépenses de soins), et consomment des ressources pouvant être utilisées pour le développement socio-économique des pays.

DÉFI NUMÉRO 3 : RÉDUIRE LA MORTALITÉ ET LES HANDICAPS LIÉS AUX ACCIDENTS DE LA VOIE PUBLIQUE

Chaque année des centaines de personnes meurent sur les routes et d’autres se retrouvent avec des handicaps qui vont affecter le reste de leur vie. Cette réalité, beaucoup de personnes l’ignorent ou feignent de l’ignorer. Faudrait-il l’ignorer ? Ce fléau tue principalement les jeunes et arrache tous les jours les familles de leurs pères, mères, enfants, sœurs, frères et oncles de manière brutale. Selon l’OMS, les accidents tuent chaque année 5 millions de personnes dans le monde et la plupart dans les pays sous-développés y compris Haïti. En Haïti, le nombre élevé d’accidents de la route dans le pays dépend de l’interaction entre plusieurs facteurs qui ne sont pas du ressort du secteur de la santé. Il s’agit du mauvais état des routes, et des véhicules, du nombre croissant de véhicules, des conducteurs mal formés ou non formés, des excès de vitesse, de la conduite en état d’ivresse, et de l’application insuffisante des lois sur la circulation.

DÉFI NUMÉRO 4 : FAIRE FACE AUX CATASTROPHES ET SITUATIONS DE CRISE SANITAIRE

Ces dernières années, nous assistons à une multiplicité des situations de crise sanitaire en rapport avec des catastrophes naturelles, des conflits ou des épidémies sur tout le territoire national. Ces crises entraînent des conséquences néfastes sur la santé et l’état de bien-être de la population haïtienne. Ces problèmes sont alarmants et doivent interpeller notre conscience collective car les conséquences sont énormes sur le plan humain, social et économique. Et ces crises répétées fragilisent davantage notre système de santé qui peine déjà à répondre aux besoins de la population.

Dr. Danove Jose Karly DIEUFORT, Interne à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH).

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