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Mackenson Bijou, un connaisseur raffiné en matière d’art

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Grandir et voir réalisés ses rêves n’est pas une phrase qui revient souvent dans les témoignages haïtiens. Ceux qui peuvent s’en vanter sont peu nombreux. Mackenson Bijou, issu d’un quartier populaire, s’est battu pour gravir des échelons convoités. Cet acteur s’est forgé un nom et une place parmi les trends de ce monde et il s’y accroche.

Mackenson Bijou est né un 28 février 1992 à Grand-Goâve. Il a passé une grande partie de son enfance à Fontamara et à Martissant avant de déménager à la Croix-des-Bouquets où il termine ses études au Lycée Jean Mary Vincent de Caradeux, endroit où son histoire dans le monde culturel commence à prendre son ampleur. « C’était le moment où COSAFH (Compagnie sans frontières d’Haïti) venait pour recruter des jeunes talents pour donner des formations et intégrer leur staff. Comme j’avais toujours eu une passion pour les lettres, je me suis dit pourquoi ne pas essayer? Du coup, je me suis lancé », se rappelle acteur.

L’actuel étudiant de l’Université de Strasbourg en Histoire de l’art a toujours été attaché à sa culture. Passionné des scènes où l’on retrouve des représentations de l’histoire et de la culture typique d’Haïti, il a incarné des personnages à succès dans des films célèbres tels que : « Monsieur Toussaint »,  « The Wake », « Zombi Child », « Agwe ». Également comédien de renom, il a présenté plusieurs spectacles de théâtre avec les membres de KALBAS AYITI, une association qui œuvre dans la militance pour la culture haïtienne, d’où leur slogan «  ann tounen nan sous nou ».

« J’ai commencé à œuvrer dans le domaine littéraire et les arts depuis 2010. J’étais en classe de rhéto au lycée et très jeune »,  dit-il entre deux sourires. Dans son quartier d’enfance, Bijou avait créé un Club Littéraire et des Arts accompagnés de plusieurs amis ayant grandi ensemble : Loggens Félix (LÒLÒ), Feggens Félix (FEFE), Paul Wilmage Canes, Mariah C. Sheba Baptiste, Kensle Figaro, Sanon Samuel, Ruthza François, Farah J. Émile. Avec le temps, le club a pris une grande ampleur.

« Des jeunes venaient de partout pour un « Idéal Club Littéraire et des Arts ». Tous les samedis, à compter de 3 heures, c’était devenu un culte hebdomadaire. Et grâce à ce club, j’ai rencontré la majorité des gens dans le monde culturel et artistique », explique l’ancien étudiant en histoire de l’art et Archéologie à l’Institut d’Études et de Recherches Africaines d’Haïti (IERAH/ISERSS) tout en faisant part de son énorme respect pour le doyen, le Dr Sterlin Ulysse.

Ses débuts dans le monde littéraire ont été aussi bien accueillis. Il commence à écrire en 2012 dans une formation théâtrale sous la référence de Billy Élycien. Il rencontre Coutechève Lavoie et Inema Jeudi qui l’ encouragent à poursuivre dans cette forme d’art. En 2015, il a participé à un atelier à la FOKAL (Fondasyon Konesans ak Libète), et a rencontré Rossi Junior Jacques Casimir qui faisait partie du collectif « THE LIVING AND THE DEAD », un ensemble dont il devient membre  dès sa création en 2017 avec Léonard Jean Baptiste, Sophonie Maignan, Cynthia Maignan, James Peter Étienne (MimétikNèg), Dieuvela Cherestal, James Desiris, Olivier Marboeuf et Louis Handerson.

Au début du lancement de son club Littéraire, Bijou pouvait compter sur les gens qui avaient accepté d’intervenir en sa faveur pour les premières étapes. Grâce à eux, d’autres personnes se sont intéressées au mouvement. Selon Bijou, sur le plan international, il ne saurait oublier Guetty Félin, et l’infatigable Olivier Marboeuf de l’avoir aidé à intégrer le monde artistique même s’il se demande encore si vraiment il a réussi à l’intégrer. D’après l’acteur,  il ne trouve pas les mots convenables pour les remercier.

Lorsque Bijou a été questionné sur comment  il s’était imposé dans le monde de l’art, modestement, il a répondu : « Je ne me suis pas vraiment imposé, je suis le cours de la création de préférence. Quand on ne me donne pas la possibilité de parler, je crée mon propre cercle. Le dernier en date a été «  Dimanche Littéraire » avec Shelo François (Shelo Plebmuzik) et Carlheinz ».

L’acteur a aussi fait mention  des difficultés qu’il y a pour s’imposer dans ce domaine tout en prenant pour exemple Ricardo Boucher qui a créé « Poème tué ». Cependant, il est devenu une icône dans le secteur culturel. Il y a aussi Rossi Junior Jacques Casimir qui a créé «  NOU PRAN LARI A » avec les artistes de la Grand Rue. « Il suffit de garder son objectif droit dans les yeux et avancer », déduit l’artiste international.

Pour le natif de Grand-Goâve, être satisfait peut engendrer la paresse alors qu’il se dit être quelqu’un de très paresseux. Après avoir participé à une anthologie au Canada intitulé « Debout Poète » et à d’autres projets tels que Nuit d’espoir, Tonton Amerika, Zombi Child, etc., il déclare : « Je suis fier et non pas satisfait ».

Pour les jeunes qui s’intéressent au même domaine que le poète, acteur, comédien et qui sont amants de la scène et des arts vivants, Bijou conseille : « Ne cessez jamais de travailler, de créer votre propre espace et d’allez vers les autres. De là étant, vous trouverez vos semblables ».

Geneviève Fleury

genevievef359@gmail.com

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