ven. Juil 1st, 2022

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Saison cyclonique : précaution maximale!

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La saison cyclonique arrive. Le pays va devoir compter sur la clémence de la nature pour ces cinq mois à venir. Cependant, les prévisions météorologiques font état d’une saison très active. Au moins 13 à 19 tempêtes tropicales sont à redouter. Il est probable que 6 à 9 d’entre elles se transforment en ouragan, dont 2 ou trois  pourraient atteindre le stade d’ouragan majeur, prévoient les experts en la matière.

Vu la position géographique d’Haïti, le pays est très exposée à ces phénomènes naturels. Tout au long du 20e siècle jusqu’en 2016, des cyclones ont causé des dégâts majeurs. Depuis quelques années, on peut se réjouir de la relative clémence de la nature qui, mis à part, le séisme du 14 août 2021, a épargné ce territoire. Des pluies torrentielles et des ondes tropicales ont, certes, causé des inondations dans quelques endroits  mais les conséquences n’ont pas été aussi catastrophiques que les cyclones de  Matthew (2016), Gordon (1994), Hazel (1954), Flora (1963), Inès (1966), Jeanne (2004), etc.

Pour cette année 2022, le pays accueille cette saison dans un contexte sociopolitique sans précédent. Le Grand Sud peine à se relever des effets du tremblement de terre du 14 août. La capitale pour sa part, entame cette saison dans un contexte de crise politique aigue et d’insécurité aggravée. Des milliers de familles sont abandonnées sans abris dans un environnement fragile, précaire et hostile. Qui pis est, elles sont décapitalisées et évoluent dans une situation d’insécurité alimentaire inquiétante. À cela s’ajoute, la pandémie de la Covid-19 qui n’est pas totalement maîtrisée.

De leur côté, les dirigeants de l’État s’entêtent à garder le pouvoir envers et contre tout sans se rendre compte que la capitale haïtienne et certaines villes de province sont comme des éponges trempées. La majorité des canaux de drainage sont obstrués. Les rivières ne sont pas curées, pendant que les constructions anarchiques se multiplient ainsi que l’abattage systématique des arbres.

À Port-au-Prince, l’une des plus importantes ravines de la capitale (Bois-de-Chêne) est complètement bouchée au niveau de la route du Bicentenaire. Les déchets apportés par l’eau atteignent le niveau de la rue et poussent du coup le courant à se détourner de son lit pour envahir la chaussée. C’est la même réalité pour toute la troisième Circonscription de Port-au-Prince où les ravines sont envahies de remblais qui empêchent l’évacuation des eaux.

En termes d’infrastructures, le pays est à découvert. La moindre averse a pour conséquences de fortes inondations. Le pays tout entier est en état d’alerte. Il faut rappeler que le cyclone Flora en 1963 avait occasionné près de 5000 morts, Gordon en 1994 avait fait environ 2000 victimes et Jeanne plus récemment a tué pas moins de 1870 personnes. Des chiffres qui montrent toute la fureur de ces intempéries qui, cette année encore s’annoncent très menaçantes. Face à cette évidence  et compte tenu du fait que les autorités ne soucient pas vraiment de la sécurité des citoyens, il est de la responsabilité de la population de faire preuve de grande vigilance.

Daniel SEVERE

danielsevere1984@ail.com

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