dim. Août 14th, 2022

Le Quotidien News

L'actualité en continue

Trafic d’armes et de munitions à Port-de-Paix : le RNDDH exige des éclaircissements

3 min read

Le dossier relatif au trafic d’armes et de munitions à Port-de-Paix continue de susciter, de part et d’autre, des réactions dans le pays. Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) « invite le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) à se saisir du dossier relatif au trafic d’armes et de munitions à Port-de-Paix, dans lequel de nombreux membres de l’appareil judiciaire de cette juridiction sont impliqués  […]».

Des centaines de gangs armés se disputent le territoire national. Toutes les villes de province sont aussi gangstérisées, souligne le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dans un long communiqué en date du 25 juillet. Le RNDDH dit qu’il reste « convaincu que tous ces actes attentatoires aux vies et aux biens n’auraient pas été possibles si de nombreuses personnes, occupant pour la plupart, des postes importants au niveau de l’État, n’étaient pas activement impliquées dans ce trafic illégal d’armes et de munitions, aux conséquences meurtrières pour Haïti».

Eu égard à la saisie spectaculaire effectuée à la douane de Port-de-Paix, un rappel a été fait par le RNDDH. « En date du 1er juillet 2022, des armes de poing, des chargeurs, des fusils ainsi que cent-vingt mille (120.000) cartouches destinées à des fusils d’assaut de longue portée, réparties dans cent-cinquante-sept (157) caisses, ont été découverts par des agents douaniers de Port-de-Paix», a indiqué l’organisme de droits humains poursuivant que « ces armes et munitions ont été transportées sur le navire Miss Lili One, en provenance de la Floride».

Elles sont nombreuses les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre du dossier relatif  à ce trafic d’armes et de munitions à Port-de-Paix. Et certaines de ces personnes indexées dans cette affaire sont des membres de l’appareil judiciaire. « Le RNDDH invite le CSPJ à se saisir du dossier de trafic d’armes et de munitions à Port-de-Paix, puisqu’il est fait état de l’implication de nombreux membres de l’appareil judiciaire de cette juridiction, dans ce scandale », écrit le RNDDH rappelant cependant « à la DCPJ l’obligation constitutionnelle qui lui est faite de conduire toutes ses investigations, dans le respect des droits aux garanties judiciaires et de la dignité humaine des personnes indexées».

Selon l’organisme de Défense des Droits Humains, le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique est éclaboussé par le scandale qui a conduit à l’arrestation du Commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-de-Paix, le magistrat Michelet VIRGILE.

«  Quelques heures après  cette arrestation, le RNDDH a appris que le Doyen près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, le magistrat Yves-Marie PÉRICLÈS, sans avoir reçu une requête en ce sens, sans aucun procès-verbal de constat d’un juge de paix, avait rendu son ordonnance de libération en habeas corpus, en faveur du commissaire Michelet VIRGILE», affirme le RNDDH.  Ce dernier ajoute que « les agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) sur place n’ont pu y donner suite, en raison de l’heure tardive. Dans la soirée, le magistrat Michelet VIRGILE a été transféré aux bureaux de la DCPJ, à Tabarre, dans le département de l’Ouest ».

Le RNDDH dit en vouloir pour preuve le mandat d’amener, l’interdiction de départ, l’avis de recherche émis à l’encontre de Me Fritz AUBOURG, directeur adjoint des affaires judiciaires pour forfaiture, concussion et association de malfaiteurs ; et l’arrestation en date du 22 juillet 2022, de Me Robinson PIERRE-LOUIS, avocat de Jonas GEORGES et membre du cabinet du Ministre de la Justice et de la sécurité publique, Me Bertho DORCE, pour forfaiture, suspicion de corruption, trafic d’influence et association de malfaiteurs ».

Le RNDDH a aussi fait remarquer que « le magistrat Michelet VIRGILE a affirmé que Maîtres Fritz AUBOURG et Robinson PIERRE-LOUIS ont mis tout leur poids dans la balance, en vue d’obtenir la libération de Fritz RELUS et Jonas GEORGES ». Pour  l’organisation des droits humains, il faut que toute la lumière soit faite sur ce dossier.

Jackson Junior Rinvil

Laisser un commentaire