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Un premier trimestre raté pour Ariel Henry

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Plus de trois mois après l’accession du docteur Ariel Henry à la tête de la Primature la situation sociopolitique et économique du pays  ne s’est pas améliorée d’un iota en dépit des multiples promesses faites par celui que Jovenel Moïse avait désigné avant d’être assassiné.

L’appareil sécuritaire du pays ne donne pas de résultats, les bandits étendent leurs tentacules tandis que le Chef du gouvernement est plongé dans un mutisme total, la population est livrée à elle-même et la situation devient intenable.

Les grandes promesses d’Ariel Henry

D’entrée de jeu, le Premier Ministre Ariel Henry a présenté la vision globale du gouvernement pour la période intérimaire. Au cours de son premier conseil des ministres, en application de l’article 149 de la Constitution et de l’arrêté du 2 juin 2004, le Premier Ministre Ariel Henry avait indiqué que la mission du gouvernement consiste notamment à organiser les prochaines élections en vue de remplacer le personnel politique du pays.

« Ces compétitions électorales doivent se tenir le plus vite  possible moyennant l’instauration d’un environnement sécuritaire stable dans le pays », avait-il déclaré. Le premier intérimaire avait donné la garantie que ces scrutins seraient démocratiques.

Il avait en outre réitéré sa volonté d’engager un dialogue constructif avec tous les secteurs de la vie nationale pour parvenir à un accord politique susceptible de faciliter l’organisation des prochaines élections ! Par ailleurs, Ariel Henry avait exprimé  sa détermination à faire aboutir l’enquête sur l’assassinat crapuleux de l’ex-président Jovenel Moïse.

Il s’agit d’une affaire d’État qui mérite que la lumière soit faite, avait souligné Ariel Henry avant d’ajouter  que toutes les personnes impliquées dans ce crime odieux devaient être appréhendés et déférés par-devant la justice.

Tentatives ou actifs du Chef du gouvernement

Le Chef du gouvernement  avait procédé  au lancement du plan de réponse d’urgence aux sinistrés du 14 août 2021. Il s’agissait  de fournir rapidement des abris provisoires, dont des bâches, à ces gens  pour qu’ils se protègent des intempéries. De l’eau et de la nourriture  devaient être également accordées à ces personnes déjà confrontées à une crise alimentaire aiguë.

On peut concéder au néo-chirurgien le protocole d’accord signé avec des partis et regroupements politiques dont la Fusion des sociaux-démocrates haïtiens, la structure baptisée : Secteur démocratique et populaire (SDP), Vérité, Inité, Veye yo, Ansanm nou fò et Inifòs,  à travers le document intitulé « Accord pour une gouvernance apaisée de la période intérimaire ».

La cérémonie s’était déroulée en la résidence officielle du Chef du gouvernement, le 11 septembre, à Musseau, à Pétion-ville, on se le rappelle. On ne doit pas oublier non plus que le Chef du gouvernement a essuyé un piteux échec en voulant mettre sur pied un nouveau Conseil électoral provisoire après avoir évincé le CEP de Jovenel Moïse qui faisait objet de beaucoup de contestation.

Des promesses qui ne tiennent pas encore

Alors qu’on s’attendait à la réalisation de toutes ces promesses, le Chef du gouvernement a accumulé des déconvenues durant ces dernières semaines et le climat sécuritaire prend des proportions alarmantes. Les cas de kidnapping ne se comptent plus, l’escalade de la violence se poursuit à Port-au-Prince et les gangs armés terrorisent la population. Ces violences ont contraint les résidents de Martissant à fuir leur domicile pour se réfugier au centre sportif de Carrefour où ils vivent dans des conditions extrêmement précaires.

Ça ne s’arrête pas là, le Chef du gouvernement a même été mis en déroute par le puissant chef de gang du G9 en voulant se rendre au Pont Rouge, pour commémorer la mort de l’Empereur Dessalines.

Aujourd’hui, celui qui a été autorisé par le BINUH à prendre les rênes de la Primature peine à mettre un place un gouvernement de consensus, comme l’indique le protocole d’accord à la Primature. Aujourd’hui, la vie de beaucoup de personnes, dont des femmes enceintes, des enfants, des vieillards se trouve menacée en raison de la crise de carburant que connaît le pays, elle est due à l’incapacité des autorités gouvernementales à pouvoir garantir des conditions minimales de sécurité dans les voies conduisant aux terminaux de Varreux et Thorlande, donc à mettre hors d’état de nuire les malfrats.

Des hôpitaux privés et publics lancent des appels de secours, des patients ont été contraints de regagner leur domicile à cause de la crise de l’essence. Par ailleurs, le gouvernement américain a déjà  refoulé en Haïti plus de 8 mille  réfugiés haïtiens depuis le 19 septembre jusqu’à aujourd’hui, selon l’ONM. Parmi ces réfugiés refoulés 500 enfants étrangers. Le gouvernement n’est pas à même d’exiger réparation pour ces agissements et réclamer de meilleurs traitements pour les Haïtiens qui ont été maltraités par des soldats américains à DelRio récemment.

Aujourd’hui, plusieurs acteurs  s’entendent pour exiger le départ du Chef du gouvernement pour n’avoir pas pu créer un environnement stable propre à l’organisation des élections dans le pays et à former un gouvernement de consensus à cet effet.

Mario Sylvain

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