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12 janvier : la mémoire des promesses non-tenues

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Credit photo; Journal Le Monde

Le 12 janvier 2022 a marqué la 12ème année depuis qu’Haïti a connu l’une des catastrophes naturelles les plus tragiques de son histoire. Avec un bilan aussi tragique que triste, le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a littéralement ravagé la région de Port-au-Prince, a interpellé la sympathie des acteurs internationaux, ainsi que la responsabilité des autorités haïtiennes. Cependant, ce qui en est advenu, c’est la déception et l’échec.  12 ans après, Haïti se trouve au même niveau de vulnérabilité en termes de catastrophes naturelles et n’est pas sortie du gouffre de la crise humanitaire. Retour sur cette catastrophe qui a touché Haïti. 

Le mardi 12 janvier 2012 à 16h53, contre toute attente, le sol haïtien est en proie à de fortes secousses. 35 secondes de tremblement de terre, dont l’épicentre se situe à 25 km de Port-au-Prince, un spectacle terrifiant : des êtres humains ensanglantés qui courent de partout pour demander de l’aide, des  nuages de poussière provenant des immeubles effondrés, des personnes coincées sous les décombres attendant des secours et dans le désespoir le plus total, une population qui chante une mélodie dont le seul refrain est « Jésus ». 

Très rapidement, les premières données sont enregistrées. Il s’agit, comme cela ne s’est jamais produit depuis environ un siècle, d’un tremblement de terre de magnitude 7 sur l’échelle de Richter. 

Les réactions de sympathie à l’égard des Haïtiens, qui se manifestent au lendemain de cet événement meurtrier, révèlent clairement  l’ampleur de cette catastrophe. En effet, les interventions immédiates des aides humanitaires, les réunions  en urgence au niveau international pour statuer sur le cas d’Haïti ont dévoilé l’implication immédiate et massive des humanitaires étrangers vis-à-vis d’un pays touché de plein fouet. 

Le bilan

Dans une réunion des dirigeants des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, le Chef de l’État haïtien de l’époque, René G. Préval, a dressé un bilan terrible. D’après lui, 200 000 cadavres ont été dénombrés, sans compter ceux qui se trouvent alors sous les décombres. Ainsi, environ 300 000 personnes ont été victimes de cette catastrophe.

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a aussi fait des dégâts matériels. En effet, selon La Banque Interaméricaine de Développement (BID), les dégâts immédiats ont été évalués à 14 milliards de dollars. Le séisme a détruit 250 000 habitations et a laissé environ 1,5 million de sans-abris. 

Parmi les bilans catastrophiques de ce tremblement de terre, les dérives sanitaires ont été parmi les plus importantes. En effet, plusieurs milliers de personnes se trouvaient dans une situation sanitaire grave après le séisme. La population, selon les médecins, était la proie d’épidémies de toutes sortes à cause de l’inhumation tardive des corps, de l’insalubrité de l’eau, entre autres.

De l’aide humanitaire ! 

Face au bilan catastrophique du tremblement de terre du 12 janvier 2010, le déferlement des aides humanitaires promises par certains acteurs de la communauté internationale a aussi eu des effets immédiats. Beaucoup d’organisations à caractère humanitaire ont manifesté leur volonté d’aider Haïti. Parmi ces groupes, des organisations sanitaires, des organisations humanitaires et même des personnalités publiques se sont mobilisés pour assister les sinistrés.  

Si toutes ces mobilisations se sont effectuées en vue d’apporter de l’aide à la population, la mauvaise coordination de cette aide a eu des effets néfastes. En effet, beaucoup de spécialistes nationaux et internationaux  se sont plaints du manque de la coordination et même de la présence des ONGs dans le pays. À rappeler que le décret du 14 septembre 1989, modifiant la loi du 13 décembre 1982 et régissant le cadre légal des ONGs en Haïti, a attribué le monopole de la coordination de celles-ci sur le sol haïtien au Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). Malgré la présence de milliers d’ONGs, le ministère n’a officiellement enregistré que la présence de 300. Pourtant une bonne partie des aides promises à Haïti était distribuée par les ONGs sur le terrain. 

La reconstruction d’Haïti, encore un échec

La reconstruction d’Haïti, quelque temps après la mise en œuvre des mesures d’urgence, constituait l’un des objectifs des acteurs internationaux et nationaux. Pour répondre à cette préoccupation, la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) a été créée, lors de la conférence internationale des donateurs à New York, le 31 mars 2010.  C’était par le biais du Plan d’Action pour le Relèvement et le Développement National (PARDN) que cette structure qui était présidée par le Premier Ministre haïtien de l’époque, Jean Max Bellerive, et l’ancien Président américain, Bill Clinton, devait coordonner la reconstruction d’Haïti.

Cependant, la reconstruction d’Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, reste un rêve qui n’a pas été réalisé. Les plans de la CIRH, contrairement à toute attente, n’ont pas été exécutés en bonne et due forme. Par conséquent, le plan de reconstruction d’Haïti avec la CIRH  été un échec. 

Haïti, toujours vulnérable

Le 14 août 2021, un tremblement de terre de magnitude 7,2 a touché la région du sud d’Haïti. Même si son ampleur n’a pas été comparable à celle de 2010, il a tout de même mis à nu la vulnérabilité du peuple haïtien encore aujourd’hui face aux tremblements de terre. La cause ? Toujours trop de maisons mal construites, le refus de respecter les normes parasismiques,  l’ignorance de la population comme ne cesse de le rappeler régulièrement l’ingénieur géologue Claude Prépetit.

Le temps passe, et, hélas, Haïti reste une tombe ouverte pour les victimes des tremblements de terre. 

Jonas Reginaldy Y. Desroches

jonasdesroches@gmail.com

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