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Comment espérer mieux?

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L’année académique 2021-2022 est sur le point d’être bouclée. C’est le moment du déroulement des examens officiels. Les élèves se préparent à déposer les livres en attendant la reprise des cours, le 5 septembre prochain.

En termes de bilan, c’est le même credo. Au contraire, la situation a empiré. Le discours du Ministre Nesmy Manigat qui soutient que l’école ne peut plus attendre est mis à l’épreuve en dépit de sa justesse. Il a peut-être ignoré qu’un minimum est nécessaire tant sur le plan politique que sécuritaire. Néanmoins, il annonce déjà de nouvelles mesures pour l’annéeà venir.

Le Ministre Manigat reste un homme très actif. On lui concède légitimement cette qualité. Par contre, on peut toujours s’attaquer à son attitude un peu trop propagandiste. Soit il a voulu maquiller la réalité, soit il a fait la grande erreur d’ignorer le poids de l’insécurité sur le fonctionnement de l’école haïtienne. Dans les deux cas, les retombées seront négatives pour le système. Le fait de la réouverture de l’école nationale de Martissant prouve cette légèreté.

Comment demander à un élèved’être attentif alors qu’il ne sait pas s’il sortira vivant de l’école ? Comment espérer des résultats positifs d’un élève qui étudie dans une ambiance de tirs quotidiens ? Que provoque la vue de cadavres dans les parages de l’établissement chez ces apprenants ? Dans quel étatd’esprit un professeur dispense-t-il son cours dans une pareille conjoncture ? Dans un espace désert où la moindre personne est prise pour cible.

Ilfaut savoir qu’apprendrenécessite un minimum. Au moins la tranquillitéde l’esprit.L’éducation est un domaine technique. Elle nécessite des actions concrètes et coordonnées. Pas de propagande, encore moins decosmétique. Cela ne contribue pas à extraire le système de l’impasse dans laquelle il se trouve coincé.

Pour rappel, l’UNICEF a indiqué dans son rapport sur les derniers évènements d’avril et de mai 2022 que le phénomène de l’insécurité a éjecté du système scolaire 55 000 enfants environ. Il rappelle qu’une école sur trois est victime d’actes de violence et qu’une sur quatre a dû fermer ses portes. Près de 8% des écolesévaluées sont placées sous le contrôle des gangs ou occupées par des familles déplacées. Des données importantes à prendre en compte par l’administration de Nesmy Manigat dans le cadre de la planification de la nouvelle annéeacadémique.

Outre l’insécurité, il y a d’autres sources de préoccupation dont il faudrait tenir compte. Sur les réseauxon rapporte beaucoup de scandales. Des scènesobscènes qui tendent à ternirl’image du système. Il est également rapporté une commercialisation de plus en plus fréquentede textesd’examen sans qu’aucune mesure ne soit jamais prise pour empêcher cela. Il y a aussi la baisse de la qualitédel’enseignement. Des résultats de plus en plus insatisfaisants. Des grèves à répétition et aussi, des manifestations récurrentes d’élèves pour réclamer la présence des professeurs en classe.

C’est dommage que les autorités du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) se donnent apparemment un satisfecit alors que l’opinion publique ne parle que de : « Lekol fini. Se lontanki te genlekol ».Comment changer cette perception tendant à se confirmer au fil des années ? En changeant seulement de manuels ou en séparant davantage le fondamental du nouveau secondaire, contribue-t-on réellement à changer la donne?

Daniel SÉVÈRE

danielsevere1984

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