18 juillet 2026

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Hommage à Jean-Claude Chérubin, dit « Zo », professeur emblématique de l’Université Quisqueya, qui s’est éteint

Sociologue passionné, professeur redouté et adoré à la fois, Jean-Claude Chérubin a marqué des générations d’étudiants à l’université Quisqueya. Il s’est éteint à l’âge de 68 ans, laissant derrière lui un vide que ni ses collègues ni ses anciens étudiants ne semblent prêts à combler.

La fin du mois de juin est marquée par une tristesse immense. La communauté estudiantine et le corps professoral de l’université Quisqueya pleurent le professeur Jean-Claude Chérubin, qui nous a quittés à l’âge de 68 ans.

Jean-Claude Chérubin, surnommé « Zo », enseignait depuis de nombreuses années à l’Université Quisqueya. Zo était un professeur pas comme les autres. Doté d’un caractère bien à lui, il a su marquer la vie de chaque personne ayant croisé sa route — et plus particulièrement celle de ses étudiants.

Un professeur de qualité

Professeur de « Culture et Religion » en Haïti, de « Relations Internationales et « Mondialisation », ainsi que de « Vie Politique » en Haïti depuis 1986, il enseignait avec passion. Chacun des étudiants ayant suivi ne serait-ce qu’un cours avec lui a goûté à la « folie » de Zo. Passionné et téméraire, c’était le genre de professeur à qui l’on envoyait un message en pensant recevoir une réponse le lendemain — et qui répondait avant même qu’on ait reposé le téléphone.

Malgré son caractère téméraire et sa façon brute de donner ses cours, il était aimé de tous ses étudiants. Philibob Noël, l’un de ses anciens étudiants, a déclaré : « Se yon nan pi bon pwofesè UniQ bay. Kit ou boule, kit ou pa boule, ou pa t ka pa renmen  Zo. Tandel ap pale, se tout yon konferans. M pa regret kat kou m te pran avè l, malgre tout presyon ki te ka genyen, Zo se yon modèl ».

Il n’est pas le seul à tenir ce discours. Je partage également cet avis : j’ai eu la chance de suivre ses cours, et c’était un professeur à part. Il avait cette manière de me dire : « Raphael, ou genlè panse w ap pase kou a. » Que ce soit Chereste Stanley ou Mikendo Basile, chacun d’eux vous dirait que Zo leur a un jour affirmé qu’ils allaient échouer, qu’ils étaient « sur le pont ». Pourtant, aucun d’eux n’a cessé de tarir d’éloges à son égard.

L’intellectuel derrière l’homme

Homme discret, presque mystérieux pour beaucoup de ses étudiants, son travail portait un regard critique sur les dynamiques sociales du pays, loin des projecteurs médiatiques qu’affectionnent d’autres figures intellectuelles haïtiennes.

Le sociologue avait notamment accordé une interview à la rédaction de Le Quotidien News, il y a quelques années, dans laquelle il analysait la croissance démographique en Haïti et ses liens avec l’histoire économique du pays. Il y expliquait avec passion comment l’insertion du pays dans l’ordre économique mondial avait contribué à la destruction du monde rural haïtien, poussant des générations de paysans vers l’exode et l’émigration.

Pour l’ensemble de ses nombreux étudiants, l’éminent professeur demeurera à jamais dans les mémoires. Son savoir restera à jamais inscrit dans les cœurs de ses étudiants. Il a pris sa retraite il y a deux ans, et ses étudiants ressentaient déjà son absence.

Ashlyne Raphaël

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