Le 24 juillet dernier, à l’Université Quisqueya, Anson Dacius est monté sur scène pour prouver que la persévérance finit toujours par payer. Champion de la 9ᵉ édition du Concours national de plaidoirie du Bureau des Droits Humains en Haïti (BDHH), il a dédié sa victoire à sa belle-mère, dans un instant qui restera gravé dans la mémoire de l’assistance.
La finale du Concours national de plaidoirie sur les droits humains, organisée par le Bureau des Droits Humains en Haïti (BDHH), s’est tenue ce vendredi 24 juillet à l’Université Quisqueya. Au terme des délibérations, c’est l’étudiant Anson Dacius qui a été couronné vainqueur de cette 9ᵉ édition, devant un jury composé de juristes, d’universitaires et de défenseurs des droits humains. Il succède ainsi à Rub-Nadelle Placide, lauréate de la 8ᵉ édition, une compétition devenue, au fil des ans, une véritable référence pour les étudiants en droit du pays.
Quand l’échec ne définit pas ta réussite, c’est ce qu’Anson Dacius a démontré le 24 juillet dernier à l’Université Quisqueya. Son témoignage a fait vibrer toute l’assistance : sacré champion de cette 9ᵉ édition après avoir échoué à deux reprises, il a choisi de dédier son prix à sa belle-mère, dans un moment particulièrement émouvant qui a marqué la soirée.
Des sujets ancrés dans l’actualité juridique et sociale
Quatre finalistes se sont affrontés sur des thématiques touchant à la justice, à la démocratie et aux droits fondamentaux. Les débats ont notamment porté sur l’inéligibilité des personnalités frappées de sanctions internationales, sur la question de l’autorité parentale dans les situations de violences conjugales, ainsi que sur le recours aux sociétés militaires privées, autant de sujets qui résonnent fortement avec les enjeux actuels du pays et du droit international contemporain.
Cette finale a été précédée de plusieurs étapes éliminatoires organisées tout au long du mois de juillet, chacune ayant permis d’évaluer la rigueur argumentative et la capacité de plaidoirie des candidats. Ces étapes faisaient elles-mêmes suite à un concours de dissertation consacré à la justice climatique et au développement économique, qui avait permis de sélectionner 34 candidats au départ, avant que le processus ne se resserre progressivement jusqu’à la grande finale.
Une compétition pensée pour former les juristes de demain
Pour Me Jacques Letang, fondateur du BDHH, cette initiative, lancée en 2015, vise avant tout à renforcer la culture des droits humains chez les futurs professionnels du droit. Les thèmes retenus chaque année sont choisis avec soin, dans le but d’encourager une réflexion juridique approfondie sur de grands enjeux nationaux et internationaux, et de préparer les participants à affronter des problématiques réelles auxquelles ils seront confrontés dans leur future carrière.
Au-delà de la compétition elle-même, le concours poursuit un objectif de formation plus large : permettre aux participants de développer leurs aptitudes en recherche, en argumentation et en prise de parole publique, tout en approfondissant leur connaissance des droits humains, des compétences essentielles pour les futurs avocats et juristes appelés à intégrer les différents barreaux du pays.
En consacrant Anson Dacius, dont le parcours marqué par la persévérance a particulièrement touché l’assistance, l’édition 2026 confirme la place que ce concours occupe désormais dans le parcours des étudiants en droit haïtiens, année après année.
Ashlyne RAPHAEL
