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Je dis non et vous ?

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Premier rôle féminin dans « Le miracle de la foi » de Jean Gardy Bien-Aimé et également animatrice et présentatrice à Télémax, elle s’appelait Ginoue…Collaborateur à Télémax et présentateur de l’émission évangélique « Gospel Show », lui, s’appelait Valdo… Avec Valdo à ses côtés, Ginoue rêvait de faire carrière dans le cinéma et de fonder une famille, un rêve que son partenaire a  anéanti un matin de Noël en la frappant à coups de  cric de voiture au cours de l’une de leurs énièmes disputes.

Ginoue Mondésir fait partie des 68% de femmes victimes de violences conjugales dans le monde (ONDRP, 2006) ; il s’agit d’une plaie béante, d’un mal rongeant le monde actuel. Certaines s’en sortent aussi bien qu’elles le peuvent, avec de ces blessures tant visibles qu’invisibles, des séquelles tant superficielles que profondes, et d’autres, dans le pire des cas, ne s’en sortent tout simplement pas.

La question qui  se pose en ce jour est de savoir comment procéder ? Comment sensibiliser, mobiliser jusqu’à éliminer la violence faite aux femmes ? Comment inciter à créer un environnement dans lequel chacune puisse se sentir protégée et considérée comme étant l’égale d’elle-même et des autres ? Et plus important encore, comment convaincre un homme qu’il n’existe aucune justification des actes de violence et de brutalité envers une femme ? 

Il faut changer le cours de l’histoire et lui donner une fin heureuse ! Il faut agir ! Les lignes qui suivent présentent  un plan échafaudé dans le seul but d’apporter, tant bien que possible, malgré toutes les embûches qui subsistent, une réponse à la maltraitance des femmes dans le monde.

Lutter contre la violence à l’égard des femmes est aujourd’hui une cause mondiale. Nos artistes en parlent, les journalistes et anthropologues ne se lésinent pas sur le sujet. Les féministes, n’en parlons pas ! Le  hic, c’est que certaines situations nous interpellent, tant d’inhumanités nous surprennent parfois. Tous les trois jours, une femme meurt des suites de blessures de son conjoint (Ayibopost, 2022). On ferait bien de se questionner depuis quand est octroyé à l’homme le droit de traiter sa femme comme il l’entend jusqu’à décider de sa vie. Il  faut aussi questionner le fait qu’elle n’ait pas décroché  tel poste parce qu’elle est une femme et qu’elle ne mérite pas cette promotion, parce qu’elle détient bien trop de progestérone et d’œstrogène. La vaisselle lui revient donc parfois, ainsi que plier le linge et également rester à la maison avec les enfants. On y va très fort et les femmes subissent toutes sortes de mauvais traitements, tous les jours, à travers le monde.

On ne s’en rend pas compte, mais c’est de là que part le problème et c’est la première solution qu’on doit trouver. Notre première approche abordera donc, de manière idéaliste, nos perceptions des genres et la catégorisation que l’on fait généralement. Dans les foyers, l’éducation familiale attribue souvent les tâches domestiques  aux petites filles et non aux garçons, la poupée pour Jessica et la voiturette pour Thomas, le génie civil pour l’homme et les sciences infirmières pour la femme. Combien sont-elles ces jeunes filles qui ont grandi et bâti leur vie en fonction de cette idéologie ! Une dernière, qui conditionne leur façon de voir l’homme, de se soumettre à lui et de tout accepter et qui engendre « la supériorité » de ce dernier. « Supériorité » est entre guillemets parce que l’idéal est qu’on est tous des humains, égaux, forts, mais fragiles aussi. Voilà ce qu’on doit apprendre aux petites filles et aux garçons afin de s’en sortir. Ajoutez aussi au package du respect, de l’humanité, de la galanterie et le respect des limites de chacun. Cela ne préviendra pas certains écarts de conduite, mais l’éducation à la non-violence et au respect est déjà un grand pas dans cette lutte que nous menons.

Notre seconde approche concerne la question de l’État et de ses responsabilités. Il existe tant de colloques et de lois, mais petite est la place qu’on accorde vraiment à la lutte pour les droits de la femme dans les politiques publiques actuelles. Il  faut d’abord à reconsidérer l’accueil et la prise en charge d’une victime par l’État. Ensuite, faut-il que les dispositions nécessaires soient prises afin que le délinquant soit dénoncé et puni. Et enfin, faut-il fournir tout un système d’accompagnement à la victime afin que celle-ci guérisse et se réintègre à la vie sociale. Éliminons la violence en explorant des mesures telles qu’un protocole d’assistance pour les victimes, un système de protection des plaignantes et j’en passe.

La toute dernière revient aux femmes car finalement, c’est à elles que revient le plus  gros du travail. D’abord, inspirez l’amour, le respect et la valorisation de votre personne, mesdames. Ensuite, sachez poser vos limites et révéler vos attentes dans n’importe quel type de  relations. Et enfin, rattachez-vous à vos rêves et à vos principes et ne faites que les concessions qui vous conviennent. Dénoncez quand il le faut, et soutenez-vous mutuellement. Dites non et incitez les autres à le faire aussi, tout genre confondu. Si je peux reprendre les mots de Michelle Obama : « Il n’y a aucune limite à ce que vous pouvez accomplir en tant que femme ».

Emma Clesca

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