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Journée mondiale de la liberté de la presse : L’UNESCO réitère son soutien auprès des journalistes en Haïti

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À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai 2024, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a apporté un soutien à la sécurité des journalistes haïtiens. Cette initiative vise à fournir aux professionnels de l’information des matériels de sécurité nécessaires, notamment des masques à gaz, des casques et des gilets pare-balles. 

La journée mondiale de la liberté de la presse est entièrement consacrée à la sensibilisation pour le respect des droits des journalistes, rappelant au monde entier l’importance de la liberté de la presse dans une société démocratique. Cette année, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a mis l’accent sur l’importance du journalisme et de la liberté de la presse dans le contexte de la crise environnementale mondiale. Instituée par l’assemblée générale des Nations Unies en 1993, cette journée vise à rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter le droit de la liberté d’expression consacré par l’article 29 de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Il faut dire qu’en raison de la prolifération de la violence des gangs en Haïti, le journalisme est devenu de plus en plus un métier très dangereux. Les journalistes dans l’exercice de leur fonction sont confrontés au quotidien à des risques et des menaces accrues. Haïti occupe la 93e place du classement mondial de la liberté de la presse en 2024 avec un score de 52,2. Ce qui fait qu’il est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Depuis janvier 2022, 11 travailleurs des médias ont été tués.

Face à ce constat alarmant, à l’aide d’un projet de formations à la sécurité et la gestion des risques, l’UNESCO a formé pendant plusieurs mois, plus de 50 journalistes haïtiens. De plus, lors de la journée mondiale de la liberté de la presse,  l’Organisation a fourni des matériels de sécurité nécessaires, tels que des masques à gaz, des casques et des gilets pare-balles. Cette initiative est supportée par le Fonds mondial pour la défense des médias.

« En Haïti, la situation des journalistes est de plus en plus alarmante. Depuis la dégradation de la situation sécuritaire, plusieurs journalistes ont été assassinés, kidnappés ou blessés. Aujourd’hui, les journalistes alarmés fuient le pays, réduisent leur couverture médiatique ou quittent définitivement la profession. Des médias sont vandalisés, les locaux saccagés par des bandits et des équipements totalement détruits. Les récentes attaques incluent des actes de vandalisme contre le journal Le Nouvelliste », a déploré Jean Luc Tondreau, Officier du bureau de l’UNESCO en Haïti.

D’après une enquête de l’UNESCO auprès de 86 journalistes haïtiens, 76 % d’entre eux ont été confrontés à des menaces liées à leur profession, moins de 62 % ont subi le harcèlement verbal et en ligne, tandis que plus de 30 % ont été victimes de menaces physiques. Selon l’étude, 54 % ont indiqué que ces menaces ont eu un impact sur leur travail journalistique.

« Ces attaques menacent la liberté de la presse et entravent gravement la capacité des journalistes à exercer leur métier et à fournir des informations vitales. Haïti risque de plus en plus de devenir une « zone de silence », avec des conséquences graves sur l’accès à l’information pour la population locale et le monde entier », a fait savoir M. Tondreau, précisant que les journalistes doivent pouvoir exercer leur rôle essentiel pour garantir le droit de la population à l’information dans un contexte de crise.

L’UNESCO dit renouveler sa condamnation pour la mort de Ricot Jean, journaliste de la Radio-Télé Évolution Inter et appelle à l’arrêt de la violence ainsi qu’à la protection des journalistes en Haïti. L’organisation dit promouvoir la sécurité des journalistes à travers des campagnes de sensibilisation mondiale, d’un renforcement des capacités des acteurs ainsi que l’adoption de mesures spécifiques, notamment dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

Marie-Alla Clerville

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