dim. Jan 23rd, 2022

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La presse a-t-elle en Haïti les moyens de sa liberté ?

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A l’occasion de la journée internationale de la Liberté de la Presse, le 3 mai, la sixième émission d’AGORA, Chita Pale sou Dwa Moun s’est légitimement intéressée à la Liberté de la Presse en Haïti : Comment les médias font-ils usage de cette liberté ?

 Quelles sont les conditions de travail de la presse ? Comment se côtoient la presse et les réseaux sociaux sur le terrain ? Dérives, déclin, manque de contenu et de vérifications, problème d’éthique et de responsabilités… les professionnels réunis autour de Luckner Garraud pour cette 6e Agora ont exprimé leurs inquiétudes pour la presse en 2021 en Haïti. « Les médias sont très importants pour les Droits Humains, pour sensibiliser, diffuser les messages, pour signaler les manquements… Ils doivent aussi prendre leurs responsabilités pour vérifier la véracité de l’information qu’ils transmettent au public. » expliquait Marveliz Roa, chargée des programmes Droits Humains de la Délégation de l’Union européenne en Haïti, en appuyant sur l’importance que l’UE accorde au soutien de la Presse et en notant les inquiétudes liées à l’insécurité qui touche la presse comme toute la société. Le contexte économique et social actuel est critique pour l’exercice de la liberté de la presse, convenait également le Ministre de la Communication, Pradel Henriquez, invité sur le plateau de l’émission pour en débattre.

« Pour informer, il faut être formé »

 Jacques Sampeur, président de l’Association Nationale des Médias Haïtiens, n’a pas caché ses inquiétudes quant aux contenus et à l’éthique professionnelle. Il était relayé par Gotson Pierre, directeur de Alterpresse/Alter Radio. « Pourquoi parler de liberté de la presse si la qualité de l’information n’est pas là ? Sans de bonnes informations, le citoyen est démuni et ne peut prendre de bonnes décisions ». Tous s’accordent à dire que la situation économique et sécuritaire rend l’expression des médias plus complexe que jamais. La disparition des journaux imprimés si nombreux au siècle dernier, est un phénomène mondial mais accentué en Haïti par la situation économique qui rend le modèle plus précaire.

Plus de médias mais moins d’outils pour que le citoyen prenne ses décisions

Le patron d’Alterpresse, pionnier de la presse en ligne en Haïti, faisait remarquer la multiplication des médias. « On est passé de 9 chaines de TV à près d’une centaine et d’une cinquantaine de radio à près de 700. Mais cette croissance répond-elle aux attentes et aux besoins du public haïtien ? ». Dans ce contexte, Alterpresse s’est créé pour offrir une alternative : « Une base de media internet qui nous permet de faire autrement… Valoriser les sources nous a paru important, et donc on a cherché à insister sur les problématiques et les acteurs sociaux pour apporter quelque chose en plus ».

Réseaux sociaux : concurrence ou complément ?

« Quand on faisait libre-tribune il y avait des garde-fous, 6 secondes d’écart qui permettaient de contrôler la parole en direct… » expliquait Jacques Sampeur en les comparant à la liberté de parole des réseaux sociaux. « Tout dépend du contenu, c’est une arme à double tranchant, comme le sont les médias ». « Il ne faut pas confondre, il y a des médias internet qui ne sont pas des réseaux sociaux mais sont présent sur les réseaux car ces plateformes permettent une interaction à grande vitesse. Les réseaux représentent un espace très large sur lequel on peut interagir… rappelait Gotson Pierre, Avant de conclure l’émission, Luckner Garraud a rappelé l’initiative de l’Union européenne avec Wellcom et K2D, de lancer un concours de photojournalisme, dont les lauréat et les photos seront révélés ce 3 mai à l’Institut Français (voir Communiqué de presse).

« AGORA, Chita Pale sou Dwa Moun », est une série de rendez-vous dont l’objectif est de mettre en présence, pour chacune des Journées Internationales et Mondiales retenues, des acteurs des Droits Humains concernés par ces sujets. Ils seront diffusés sur les réseaux sociaux et la chaîne YouTube de la Délégation de l’Union européenne en Haïti.

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