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L’arrestation de Mario Antonio Palacios va t-elle faire bouger les lignes dans l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse?

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Alors que l’instruction sur l’assassinat de Jovenel Moïse traine en longueur en Haïti, les États-Unis ont arrêté et inculpé l’un des principaux présumés assassins. Un acte salué par plus d’un dans le pays mais, qui ne garantit.

Mario Antonio Palacios Palacios a été pris au Panana avant d’être conduit aux États-Unis et inculpé, par la justice américaine pour son implication présumée dans l’assassinat de Jovenel Moïse.

C’est le ministère américain de la justice qui a annoncé l’inculpation de Mario Palacios probablement trempé dans l’assassinat brutal de l’ancien Président Moise, le 7 juillet 2021, en sa résidence privée à Pèlerin 5, Pétion-ville.L’inculpé  sera gardé en isolement après sa première comparution en attendant de comparaître à nouveau devant son juge naturel le 30 janvier 2022.

La poursuite judiciaire a été enclenchée aux États-Unis suite à une plainte déposée contre le militaire colombien le 24 novembre 2021 dans l’État de la Floride. Suivant cette plainte, Mario Palacios avait déclaré au FBI qu’il a été engagé en juin 2021 par une compagnie comme agent de sécurité pour participer à l’arrestation et l’enlèvement du président Jovenel Moïse. Le plan aurait foiré et les mercenaires sous la houlette d’un « haïtiano-américain » identifié comme « co-conspirateur numéro 1 » et incarcéré en Haïti, auraient été chargés d’exécuter l’ex-chef de l’État. Le militaire de 43 ans qui ferait partie d’une cohorte de vingt individus ayant lâchement exécuté le crime de Pèlerin 5, le 7 juillet  risque la prison à perpétuité, a indiqué le ministère de la Justice.

Mario Palacios avait pris la poudre d’escampette après l’assassinat pour se réfugier en Jamaïque où il a été arrêté et emprisonné en octobre 2021 suite à un avis de recherche d’Interpol pour « meurtre et complicité de meurtre ». Lors de son extradition volontaire vers les États-Unis d’Amérique, il a été intercepté au Panama.  La responsable des services migratoires panaméens, Samira Gozaine, a confirmé l’extradition volontaire du mercenaire à destination de Miami.

Une arrestation saluée par l’ancien premier ministre Claude Joseph

L’ancien ministre des affaires étrangères n’a pas mis du temps pour réagir suite à l’arrestation et l’extradition du militaire colombien accusé dans l’assassinat de Jovenel Moïse. « C’est un pas dans la bonne direction », se réjouit l’ancien premier ministre  sur son compte twitter. Claude qui ne cache jamais sa volonté de voir aboutir l’enquête sur l’exécution de son ancien collaborateur encourage les autorités haïtiennes à collaborer avec leurs homologues américaines afin d’obtenir l’extradition de Mario Antonio Palacios vers Haïti selon le traité d’extradition du 9 Août 1904.

La capture de Mario Antonio Palacios aidera dans l’enquête selon Pierre Espérance

Une vingtaine de colombiens avaient été impliqués dans le crime et Palacios était membre de l’un des 4 équipes qui avaient perpétré l’assassinat,  a expliqué le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits humains (RNDDH), Pierre Espérance. « Le transfert du militaire colombien aidera sûrement dans l’avancement de l’enquête dans la mesure où ce dernier a déjà manifesté sa volonté de collaborer avec les autorités américaines », a-t-il fait savoir.

De  l’avis de M. Espérance, cette arrestation crée une véritable panique du côté du pouvoir en place qui essaie par tous les moyens de faire obstacle à l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Haïtien. « Ce gouvernement est parvenu à aider l’ancien Sénateur John Joël Joseph à s’échapper. Ils protègent Badio également, l’un des témoins clés dans l’enquête au côté de l’ex Sénateur John Joël Joseph »,a fait remarquer le militant des droits humains.

Renan Hédouville dit prendre acte mais demeure préoccupé

Le protecteur du citoyen, dit prendre acte de l’arrestation de Mario Antonio Palacios suspecté pour sa participation présumée dans l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.Toutefois, Renan Hédouville se dit perplexe devant les obstacles entourant l’avancement de l’enquête en Haïti.

À l’instar de Pierre Espérance, Me Hédouville croit dur comme fer qu’il y a une volonté d’étouffer l’enquête. « Les enquêteurs de la DCPJ ne sont pas en sécurité, ils sont harcelés, certaines personnes essaient d’influencer leurs travaux. Le juge instructeur est parfois menacé »,a lancé le responsable de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC). Il a aussi ajouté que « c’est un pas dans la bonne direction mais on ne peut pas encore crier à la victoire ».

Notons, à peu près quarante personnes, parmi elles, 18 Colombiens et des Américains d’origine haïtienne, ont été écroués dans le cadre de l’enquête relative à cet assassinat. Le juge instructeur Gary Orélien a tout recemment  ordonné la libération de 4 policiers accusés d’implication dans le meurtre cruel de Jovenel Moïse.

Mario Sylvain

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