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Le Grand Sud, plusieurs mois après le séisme

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Plusieurs mois après le séisme, moins de caméras sont braquées sur le Grand Sud. Petit-à-petit, la région semble se remettre sur pied après le séisme ravageur du 14 août 2021.

Si les sismologues ont estimé que ce tremblement a été plus puissant que celui qui a mis Port-au-Prince à genoux en 2010, le Grand Sud semble s’en remettre beaucoup plus vite que la Capitale. En effet, plusieurs témoins disent  que les routines ont été plus ou moins reprises par les habitants de la région qui semble lentement sortir du cauchemar.

Jephtanie, native de Saint-Louis du Sud, explique que la situation de sa communauté a grandement évolué depuis le séisme. En effet, cette province pour laquelle elle avait dû lancer un appel à l’aide, plusieurs jours après le séisme, a passé la période la plus difficile. « Les gens se sont organisés en groupe pour ramasser les décombres et la protection civile a fait le reste pour ceux qui sont plus difficiles à ramasser », affirme-t-elle.

Selon elle, il n’y a presque plus de gens sous les tentes, sauf dans quelques endroits reculés. Quant aux écoles, plusieurs fonctionnent, quoiqu’en cours de réparation. Avec les enfants à l’école et la reprise de certaines activités économiques, la ville se réveille petit-à-petit.

Ginou partage un témoignage similaire pour la commune de Torbeck et la ville des Cayes. Selon elle, il est vrai qu’elles fonctionnent sous les tentes, mais les écoles ont ouvert leurs portes malgré la situation difficile. Certaines écoles qui n’ont pas été totalement détruites fonctionnent avec la partie restante. C’est le cas du Collège Saint-Jean. « Il y en a d’autres qui ont été totalement détruites, et si elles fonctionnent, je ne sais pas où », avoue-t-elle.

Elle affirme qu’à son grand étonnement, un mois après, la plupart des gens ont repris le cours de leurs activités, se rendant aux clubs, à l’église, etc. « Il n’y a pas de décombres dans la ville, on les a enlevés », déclare-t-elle en précisant qu’il y a quand même des maisons gravement fissurées encore debout.

« Il y a de la vie aux Cayes », affirme-t-elle avec une pointe de fierté et de joie dans la voix. Elle explique que les gens vont au marché, dans les lieux de culte, quoique plusieurs fonctionnent dans la rue, les banques sont ouvertes.

La jeune femme explique toutefois que, dans certaines zones reculées, les décombres n’ont pas été enlevés. Elle raconte que, selon les témoignages, ces zones  ont été sévèrement frappées ; des paysans sont morts dans les mornes, des animaux aussi. Ces endroits, selon elle, prendront plus de temps pour s’en remettre.

Actuellement, l’élément qui apporterait le plus d’ombre au tableau serait la rareté du carburant qui paralyse actuellement les activités dans ces endroits. Ginou raconte que les élèves n’ont pas pu se rendre à l’école à cause de cela. Judith aussi, vit cette situation à Fond-des-Nègres. « Les activités ont repris lentement après le séisme, mais maintenant, la rareté du carburant met un frein à cela », explique-t-elle. La jeune fille explique que le prix des produits pétroliers ont augmenté depuis et même le transport se fait à un prix scandaleux. « Une course est passée de 15 gourdes à 50 gourdes. Aussi, la population proteste contre cela », affirme-t-elle.

Le Grand Sud est en convalescence, mais encore bien fragile.

Ketsia Sara Despeignes

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