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Les  » OUI » mortifères !

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En Haïti, cette phrase est une tradition : « Oui pa monte mòn ». C’est une tactique malsaine pour fuir sa responsabilité et renforcer son ego. Il n’y a pas mieux pour se cacher de l’ennui.

Le résultat produit par cette tendance est souvent catastrophique. Un individu, un petit groupe, une communauté ou une nation entière en font les frais.  » Oui pa monte mòn », c’est, un bunker pour fuir le désastre.

À trop nourrir le serpent, il nous pique en retour. La société actuellement au bord du chaos est la résultante directe de cette réalité. Cette fois, c’est une nation entière qui paie les conséquences.

La mauvaise gouvernance nous guette depuis des lustres. Plus d’un dénonce un complot sournois de la communauté internationale qui ne cesse de nous imposer des leaders. Une dénonciation confirmée par l’ancien émissaire américain en Haïti, Daniel Foote.

La gouvernance de l’État haïtien ne dépend pas du Président de la République. Michel Martelly a présenté la présidence comme une torture, Jovenel Moise l’a fait aussi. Lui, il a utilisé toutes les figures de styles pour décrire sa réalité infernale. Pourtant aucun d’eux, ni lui, ni Michel Joseph  Martelly ni leurs prédécesseurs, n’ont jamais démissionné.

Ils ont dit leur « OUI » aux patrons de la chambre noire. Pour briguer la magistrature suprême de l’État ou se porter candidat à d’autres postes électifs, ils disent sans cesse :  » Yes i can » tout en connaissant l’énormité des défis. Tout en ayant sous les yeux les expériences de leurs prédécesseurs.

Ariel Henry, le dernier des avatars, a hérité du pouvoir dans un contexte où la nation était totalement plongée dans l’incertitude. Tous les fers étaient chauffés à blanc. Voulant comme les autres  figurer dans les annales de l’histoire haïtienne ou pour d’autres raisons non avouées, il a donné la garantie de pouvoir arrêter le volcan. Là encore, il s’est entêté à dire OUI. Pas de démission, pas de mesures concrètes pour changer la donne. Ce faisant, il continue d’asphyxier le pays.

 Aucun ne se soucie de sa propre dignité quand il brigue un poste politique. Tous prennent l’engagement de détruire le temple et de le reconstruire en moins de trois jours. Ce qui compte pour eux, c’est d’arriver là où ils le désirent. Le OUI est censé ouvrir toutes les portes.

La culture du « Je ne peux pas » doit  prendre le contre-pied pour assurer l’équilibre. Le train ne retrouvera ses rails qu’à partir du moment où chacun  acceptera que la dignité soit la dernière chose à perdre dans la vie. L’absence  de civisme chez l’Haïtien est une entrave importante au développement de ce pays. L’opposition avait assuré que Jovenel Moise ne pouvait pas diriger, mais qu’elle, elle pouvait le faire. Or, quatre mois après, bien qu’elle ait le gouvernail en mains,  l’opposition ne peut rien. Par contre, elle s’entête.

Pire, on constate un silence de cimetière dans la classe politique. Les opportunistes aux dents longues et les politiciens habituels préparent leurs armes pour venir dire un énième « Oui » au peuple, soit lors de la formation du prochain gouvernement, soit pour remplacer Ariel Henry, soit lors de prochaines compétitions électorales. L’essentiel pour eux, c’est d’arriver au pouvoir et de satisfaire leurs intérêts mesquins.

Daniel Sévère

danielsevere1984@gmail.com

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