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Les services de la Police nationale d’Haïti (PNH) devraient s’adapter au numérique

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Comme l’invention de l’imprimerie, de l’électricité ou de l’informatique, la révolution numérique bouleverse et continuera à bouleverser profondément et durablement cette société qui est la nôtre. Parce qu’il crée de nouveaux modes de relation avec le grand public, optimise l’impact des actions grâce à l’exploitation massive des données, libère du temps (ou réduit les coûts) par la refonte des processus ou encore, parce qu’il permet de mieux adapter les services rendus, le « big bang digital » nous promet une plus grande efficacité des organisations, des entreprises ou des administrations. Il peut aussi représenter une aspiration positive pour tous ceux qui le mettront en œuvre ou qui en seront les utilisateurs.

La Police nationale d’Haïti n’échappera pas à cette mutation. Les initiatives numériques se multiplient partout dans le monde : à New-York avec des outils de police prédictive, à Londres ou à Madrid avec l’utilisation d’internet et des réseaux sociaux pour communiquer avec les citoyens, etc. Or, partout dans le monde et quelles que soient les époques, l’histoire de la police montre qu’elle a toujours été en posture d’adaptation réactive et non pas d’évolution proactive. Pourrait-il en être autrement face à la révolution numérique, à laquelle les délinquants, les groupes criminels ou les réseaux gangs se sont déjà convertis ?

En quelques décennies, les technologies de l’information et de la communication ont profondément bouleversé les attitudes et les comportements de nos concitoyens : les téléphones mobiles, internet, les smartphones ou les tablettes sont devenus des objets du quotidien. Le haut débit favorise le travail à distance ou en mobilité. On achète, on s’informe ou on déclare ses revenus en ligne. Les réseaux sociaux créent de nouveaux modes de relation. Les prises de parole se font plus libres et plus spontanées. « Partage » et « collaboratif » deviennent les maitres mots de la nouvelle économie qui se met en place. En parallèle, le grand public développe de nouvelles exigences à l’égard d’internet : qualité de l’offre et des services proposés, design et fluidité applicative, sécurisation des transactions, suivi et mémoire des échanges, protection des données personnelles…

Dans le même temps, force est de constater que la révolution digitale s’inscrit dans un profond paradoxe. Avec le développement de sites comme Dailymotion, YouTube, Facebook, Flickr, LinkedIn, Instagram, Twitter ou encore WhatsApp, nos contemporains n’ont jamais autant dévoilé leur vie privée dans l’espace public. Au point que ceux qui ne disposent pas de compte personnel sur les réseaux sociaux ont souvent malgré cela une existence en ligne fournie, générée par l’activité de leurs conjoints, parents ou amis proches. Or, dans le même temps, nos contemporains réclament une parfaite protection de leur vie privée et sont particulièrement enclins à dénoncer toute immixtion de l’Etat. 

Qu’il s’agisse de la robotique avancée, du véhicule autonome, de l’automatisation des savoirs, de l’informatique quantique ou encore de la réalité augmentée, de nombreuses technologies de rupture vont affecter la société et avec elle, la Police nationale d’Haïti PNH, doit se préparer au travers d’un plan de modernisation de la sécurité. La PNH se retrouve donc dans l’obligation de développer une présence nouvelle sur internet et à entrer dans une nouvelle ère de la communication.

Peterson Bertelot

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