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Qu’en est-il de la participation d’Haïti à la COP 26?

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Depuis 1995, plus d’une centaine de pays du monde entier se réunissent chaque année sur la question du climat pour trouver des solutions concrètes  en vue de lutter contre les changements climatiques. Ils en profitent pour faire état de leur avancement dans les prises de décisions visant à réduire le réchauffement climatique ou les effets néfastes des changements climatiques sur l’environnement. Cette réunion annuelle est appelée « Conférence des Parties (COP) ».

Depuis 1995, 26 COP ont eu lieu, d’où l’appellation en 2021 de  » COP 26″. Comme à l’accoutumée, Haïti participe à la Conférence des Parties organisée à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre 2021. Sur le site web officiel (https://www.communication.gouv.ht/2021/11/6753/) du Ministère de l’Environnement (MDE), on peut lire  » Sous le leadership du Ministère de l’Environnement, Haïti participe à cette COP pour défendre la position du pays et présenter les progrès accomplis au niveau national dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, notamment: l’élaboration de la politique nationale de lutte contre les changements climatiques (PNCC), l’élaboration du plan national d’adaptation (PNA) et d’une stratégie de communication, élaboration du document de communication sur l’adaptation, la révision de la contribution déterminée au niveau national (CDN) et du plan d’Action National d’Adaptation (PANA), définition du système de Mesure, Reporting and Vérification (MRV) pour les secteur cibles de la CDN… »

À travers cet extrait, le MDE parle de présentation des progrès accomplis au niveau national. Plusieurs interrogations nous passent par la tête à la lecture de cette déclaration. De quels progrès le Ministère ? Ces progrès sont-ils réels ou virtuels?

Comment peut-on parler de progrès accomplis au niveau national, alors que les déchets considérés comme des producteurs de Gaz à Effet de Serre (GES) qui augmentent le réchauffement climatique ne sont pas soumis à un plan de gestion en vigueur? Haïti figure parmi les pays où l’on retrouve, notamment dans les villes,  en plein air, à chaque coin de rue, tous les déchets possibles et imaginables qui causent parfois des embouteillages, même dans les plus grandes rues de la capitale Port-au-Prince.

Le MDE a-t-il une idée de l’état de la réserve la Selle contenant la Forêt des Pins et le Parc National La Visite qui est un grand puits de carbone? Le stockage du gaz carbonique n’est-il pas important dans la lutte contre les changements climatiques? Malgré les alertes de multiples organisations écologistes, dont le groupe d’intervention écologique d’Haïti (ECOVERT-HAÏTI),  le Mouvement d’Appui à la Paysannerie (MAP), pourquoi la réserve la Selle continue-t-elle d’être exploitée à des fins agricoles et commerciales? 

Le Parc naturel de la Caraïbe, à savoir le Parc Macaya du massif de la Hotte, ne subit-il pas lui aussi de nombreuses interventions humaines?  Le Parc contient plus de 367 variétés de plantes à fleurs, 99 espèces de mousses, 103 variétés de fougères, 150 espèces d’orchidées et diverses variétés de champignons.  Il est aussi le château d’eau des départements du Sud et de la Grand’Anse. Les rivières des Anglais, de Port-à-Piment, de l’Acul, de Torbeck, La Ravine du Sud, les rivières de la Guinaudée, de la Voldrogue et des Roseaux y prennent leur source. Pourquoi les responsables n’entreprennent-ils aucune action concrète pour empêcher la dégradation du Parc?

Ces interventions ne font-elles pas partie des actions parmi les plus importantes à réaliser dans la lutte contre les changements climatiques? Y en a-t-il de plus importantes? Si oui, alors quelles sont-elles ? Qu’ont fait les dirigeants, particulièrement ceux du Ministère de l’Environnement, pour les réaliser ?

Quel est donc l’intérêt d’un tel sommet pour Haïti?

Haïti pourrait profiter de ces Conférences des Parties pour avancer dans la lutte contre le changement climatique surtout en ce qui concerne les conséquences subies, parce qu’en matière de causes, Haïti n’émet pas beaucoup de gaz à effet de serre. L’intérêt du pays, tout comme celui des autres pays à faible capacité d’adaptation, pourrait être de trouver des alternatives et moyens financiers  pour développer des stratégies d’adaptation en matière de gestion des déchets, des zones forestières, ou d’application des approches de l’économie circulaire… Mais hélas, le manque d’activités de nos dirigeants fait de ces participations à à de telles conférences de simples voyages  destinés à faire profiter les cadres du Ministère et autres responsables de séjours coûteux dans les pays étrangers. Quand est-ce-que des actions réelles de lutte contre les conséquences des changements climatiques, qui nous font tant de mal, débuteront en Haïti? L’avenir nous le dira!

 BARIONETTE Roodeney,

Etudiant en Ressources Naturelles et Environnement à la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) .

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