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Shelo François veut toucher toutes les couches sociales avec le slam !

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Le mouvement slam a connu un essor en Haïti par le biais de certains artistes qu’on peut appeler les précurseurs du mouvement. Certains ont rebroussé chemin mais d’autres se sont donnés corps et âme pour le voir dépasser les limites de l’entendement. Shelo Pleb Muzik a su tracer son parcours en s’armant de son micro, de sa voix et sans complaisance, il dénonce les tares de la société actuelle.

Shelo François dit Shélo Pleb Muzik est né à Port-au-Prince un 22 décembre 1989. Il est  slameur et rappeur en activité depuis 2012. Cependant, dès son jeune âge, il a commencé à travailler ses vers sans complaisance sur la réalité sociale en Haïti. Il s’est révélé au public avec la création d’un collectif de slam nommé HD Symphonie au sein de la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH) où il étudie la psychologie après avoir eu son baccalauréat suite à des études classiques au Collège Catherine Flon de Carrefour.

HD Symphonie est  une formation musicale qui présente la culture urbaine par le slam et la poésie, elle a été créée alors que les fondateurs s’amusaient à faire du « jam » dans la cour de la Faculté. HD Symphonie a été formée en novembre 2015 par Géthce qui est chanteur, compositeur et guitariste ; Ker-B, guitariste, chanteur, compositeur et arrangeur ; Shelo dit Shelo Pleb muzik, auteur, interprète, slameur et rappeur et Samuel, dit « Slamuel », auteur, interprète et slameur. Ce collectif a été l’un des précurseurs du mouvement slam en Haïti. Shelo est aussi un spécialiste dans la sensibilisation à travers les théâtres forum et il fait actuellement un master en psychologie sociale.

Shelo a intégré le slam assez jeune et il s’est fait connaître de façon particulière. Il jouait dans des zones populaires et affrontait les regards bizarres des spectateurs qui se perdaient dans cette nouvelle forme de prestation musicale entraînante qui décrivait la situation pénible et atroce dans les cités et dans leur quotidien. Ils se retrouvaient dans les paroles et la mélodie les transperçait. « Un jour, je devais performer dans un ghetto, explique Shelo, et je redoutais de faire ma présentation qui était en langue française. J’ai hésité une seconde mais j’ai ensuite aisément présenté mon texte. À mon grand étonnement, il a été apprécié à sa juste valeur et on en redemandait. À partir de là, je me suis clairement imposé dans le monde artistique ».

Par la suite, le public a commencé à reconnaître Shelo comme un slameur faisant partie du collectif HD Symphonie à travers des festivals auxquels ils avaient l’habitude de participer à Port-au-Prince ou à travers leurs nombreuses tournées dans les villes de province. Parmi ces séries de représentations artistiques, on peut mentionner le Festival de Jazz, le Four Roads Festival, le Festival Quatre chemins, etc. Plusieurs de leurs tubes ont été appréciés par le public et sont sur les lèvres des passionnés du collectif tel que : Jenerasyon post 86/antisistèm, paradis tropical, bat bèt ou, etc.

En 2017, Shelo a été l’un des lauréats d’une résidence de création organisée par l’Association Quatre Chemins avec son projet baptisé : « Ainsi slama l’oncle ». À la suite de cette résidence, il sortit son premier mixtape intitulé «  PLEBISIT » que l’on retrouve sur la plateforme « Sound cloud ». Un mixtape réalisé avec la collaboration de nombreux artistes comme K’libr’ Mapou, Steeve kheed, pour ne citer que ceux-là. Le mixtape  contient des titres comme « Tan an chanje » en collaboration avec Fameuse Maude, « Epi Amen » avec D-Fi Powèt Revolte, « Bòs an kachèt » et « lettre à K-libr Mapou ».

Par la suite, il a réalisé plusieurs performances à succès avec le collectif dans des activités culturelles, telles le festival Graffiti. Sa dernière réalisation en date a été l’initiation d’une activité littéraire baptisée «  Dimanche Littéraire » avec la collaboration de Mackenson Bijou et de Carlheinz. 

Shelo se dit satisfait de son parcours puisque certaines de ses attentes ont été comblées. « Sauf la dimension économique qui paraît encore compliquée, dit-il. Mes créations musicales ne sont pas tendances et cela cause des difficultés mais par-dessus tout, la manière dont les gens conçoivent mes œuvres me touche énormément ».

Du point de vue marketing, le slameur estime qu’il ne fait pas trop la promotion de sa carrière comme il se doit. Toutefois, il veut essayer d’atteindre le maximum de personnes car sa musique, selon lui, ne saurait rester seulement communautaire. Il voudrait dépasser toutes les limites et toucher toutes les couches en gérant ses relations publiques à travers le marketing. Ainsi, il pourra pénétrer tous les secteurs et sa musique sera partagée.

« Faites ce que vous aimez, conseille le rappeur, si vous choisissez de faire ce que vous aimez, vous aurez atteint la tranquillité d’esprit parce que d’abord et avant tout, la satisfaction est personnelle ».

Par ailleurs, le slameur/rappeur annonce pour les jours à venir la sortie d’un nouveau tube intitulé « Mèsi Larepiblik » en collaboration avec le fameux BIC. Un tube qui sera relayé sur toutes les plateformes créées pour la diffusion de la musique à travers le monde.

Geneviève Fleury

genevievef359@gmail.com

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