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En fuite dans leur propre pays, refugiés un peu partout, c’est une rude épreuve pour de nombreux citoyens haïtiens

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Pendant que de nombreux Haïtiens au Mexique cherchent à rentrer aux États-Unis suite aux rendez-vous avec les autorités d’immigration de ce pays, la guerre des gangs armés pour la conquête de nouveaux territoires dans la Plaine du Cul-de-Sac (Haïti) a provoqué le déplacement de neuf mille (9.000) personnes.  De la République Dominicaine, en passant par le   Mexique, pour aboutir aux États-Unis, les citoyens haïtiens partent un peu partout, au risque et au péril de leurs vies.

Dans un contexte où les habitants de la Plaine du Cul-de-Sac ne savent plus à quel saint se vouer en raison de la guerre que se livrent les gangs « Chen mechan » et « 400 Mawozo » sur ce territoire, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a annoncé, mardi 3 mai 2022,  que le dénommé Germine Joly, alias « Yonyon », en prison depuis 2018,  a été extradé vers les États-Unis d’Amérique suite à une demande d’entraide judiciaire produite par les autorités judiciaires américaines le 22 avril 2022. Selon l’institution policière,   « Yonyon »,  « chef de l’organisation criminelle dénommée « 400 Mawozo », est «  impliquée dans plusieurs actes criminels, dont assassinats, enlèvements, vols de véhicule, destruction de biens privés et incendies ».

À en croire la PNH, « il est poursuivi via un mandat international  émis par le tribunal de District des USA pour le District de Columbia pour les chefs d’accusation suivants: complot et violation de la loi américaine sur la réforme du contrôle des exportations et contrebande à partir des États-Unis ; Importation d’armes de guerre ; enlèvements suivi de séquestration contre rançon de citoyens américains ».

En effet, le mercredi 4 mai 2022, le prétendu chef de file de « 400 mawozo », a comparu par devant un tribunal à Washington pour les faits qui lui sont reprochés. À côté  de Germine Joly, la justice américaine a aussi retenu des charges contre Eliande Tunis, un citoyen américain de 43 ans résidant à Pompano Beach en Floride, Walder St. Louis, citoyen haïtien de 33 ans et Jocelyn Dor 29 ans, Haïtien également.

Entre temps, en Haïti, selon la direction de la Protection civile,  la guerre des gangs précités a déjà fait 68 blessés et  causé la mort de plus de 39 personnes, tandis que 8 personnes sont portées disparues. Toujours selon l’instance étatique, 9 000 personnes ont été contraintes de quitter leur maison pour se réfugier. D’après la Protection Civile, les chiffres concernant le nombre de mort ne sont pas exhaustifs par le fait qu’il est toujours difficile à ses agents de faire une évaluation sur le terrain.

L’accueil des nombreux Haïtiens partis se réfugier dans des pays étrangers n’est pas toujours agréable. En effet, les medias internationaux ont rapporté durant la fin du mois d’avril que des centaines de migrants haïtiens (ayant des difficultés pour se loger) ont afflué vers la ville frontalière mexicaine Nuevo Laredo pour un « rendez-vous avec l’immigration américaine ».Certains ont vu leur demande d’« asile politique » pour les États-Unis acceptée, d’autres non.

Ce n’est pas fini. La rude épreuve que connaissent de nombreux Haïtiens un peu partout à travers le monde en partant à la recherche d’un mieux-être est loin de connaître sa fin. La République Dominicaine, partageant l’île avec Haïti, est ce pays où l’on trouve des milliers d’Haïtiens. Souvent au quotidien, de nombreux Haïtiens « en situation irrégulière » dans le pays voisin sont rapatriés en Haïti dans des conditions qui ne respectent pas les règles établies.

Le Groupe D’appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) dit avoir enregistré sur les points frontaliers officiels durant le mois d’avril 2022, « un total de 7,300 migrant-e-s haïtiens arrivant à la frontière en provenance de la République Dominicaine ». Ces migrants sont répartis comme suit : 3 158 rapatriés (2 561 H, 468 F, 43 filles et 86 garçons) ;  896 refoulés (753 H, 108 F, 13 filles et 22 garçons) ; 3 246 retours spontanés (1 360 H, 1 196 F, 346 filles et 344 garçons). D’après le GARR qui a souligné avoir « fourni une assistance humanitaire de base à 96 rapatriés, dont une femme enceinte »,  « plus de 2,800 rapatrié-e-s rapportent qu’ils ont été incarcérés avant d’être conduits à la frontière ».

Rappelons qu’à l’occasion de la  journée commémorative de la Fête du Travail et de l’Agriculture  du 1er mai dernier, le GARR en avait profité pour dénoncer « la situation difficile et les conditions de travail très précaires dans lesquelles évoluent une grande majorité de travailleurs migrants haïtiens en République Dominicaine ».

Wisly Jean Baptiste

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