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VIH/SIDA: les PVVIH parlent des  bienfaits des ARV

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Les PVVIH peuvent mener une vie normale comme tout le monde s’ils prennent leurs médicaments de manière régulière. Avec le traitement à base des ARV (antirétroviraux), le virus peut devenir indétectable, donc intransmissible. En effet, des PVVIH rencontrés  par le journal Le Quotidien News parlent de leur situation.

Les PVVIH sont des personnes qui sont souvent marginalisées et humiliées par leurs proches et la société. En effet,  en raison du manque d’information de la population haïtienne sur le VIH/SIDA, on voit  ces derniers comme des personnes dangereuses. Si les PVVIH prennent leurs médicaments de manière régulière, ils peuvent mener leur vie normalement sans représenter un danger pour quiconque.

Joël Sainton est un Pasteur Pencôtiste. Agé de 50 ans, il vit depuis plus de 21 ans avec le virus du SIDA.  Après avoir  été testé positif, M. Sainton a été mis à la porte par les responsables de son église. On le considérait  comme une personne dangereuse à cette époque. «  Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais vraiment triste. J’étais humilié par les responsables de mon assemblée. Ils m’ont forcé  à quitter cette assemblée», s’est souvenu le Pasteur.

Il a attrapé le virus lors d’une relation sexuelle avec une femme.« J’ai été infecté par ma première femme en 2001 », a fait savoir le Pasteur tout en mentionnant qu’il a fini par laisser cette femme pour en rejoindre une autre. « Ma nouvelle femme est elle aussi testée positive au VIH», a souligné  Joel Sainton. Le pasteur Sainton et sa femme n’ont pas encore d’enfant.

M. Sainton prend ses médicaments de manière régulière dans l’objectif de toujours rester en santé. «  Je prends des ARV quotidiennement en vue d’éviter la dégradation de ma santé. J’invite tous les PVVIH à prendre les ARV tous les jours, car c’est le meilleur choix à faire pour rester en bonne santé », conseille le Pasteur aux PVVIH.

Pasteur Joel Sainton dirige en ce moment  une association dénommée Réseau des associations des PVVIH religieux (RAREPVVIH). À travers cette structure, M. Sainton a mis en place des programmes visant à soutenir les PVVIH mentalement. Si l’on en croit les dires du Pasteur, son association rencontre de grandes difficultés financières actuellement. « On n’a pas les moyens pour mener nos activités convenablement en faveur des PVVIH», se plaint le Pasteur, relatant que son association a été créée  avec le support de CMMB (Catholic Mission Médicale Bord).

Il appelle à l’aide. Car, dit-il, le secteur religieux est mieux placé pour sensibiliser les personnes qui ont  attrapé le virus du Sida et qui font  partie d’assemblées religieuses. L’objectif est que   « 95% » des PVVIH doivent prendre  les ARV et devenir indétectables. L’église est la meilleure voix qu’on devrait utiliser dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur l’importance des ARV dans la vie des PVVIH », soutient le Pasteur.

 Les  bienfaits des ARV, les PVVIH en parlent

Jocelyn vit avec le VIH depuis 18 ans. Agé de plus de 50 ans, il mène une vie  normale sans stress, selon ses dires. «  Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais un peu bouleversé. Après quelques jours, je considère cela comme n’importe quelle maladie», a-t-il déclaré avec un sourire aux lèvres. Par ailleurs, il a fait savoir que personne n’est au courant qu’il vit avec le virus. On ne peut remarquer aucun signe sur son corps prouvant qu’il est infecté par le VIH. « Aujourd’hui, je suis en pleine forme», dit-il.

Père d’une fille de 16 ans, Jocelyn prend ses médicaments tous les jours. Il importe de souligner que sa fille est née après qu’il ait été testé positif au VIH. «  Ni la femme qui a mis ma fille au monde, ni ma fille ne sont testées  positives. Les ARV m’ont aidé à devenir indétectable et intransmissible. « Medikaman yo kenbem djanm », a indiqué le PVVIH. «  J’invite tous  les PVVIH à prendre leurs médicaments de manière régulière et à utiliser le condom au moment des relations sexuelles. La prise des ‘’antirétroviraux’’ permet de diminuer la charge virale existant dans l’organisme», a-t-il indiqué. Aujourd’hui, il est en couple avec une fille qui n’est pas infectée par le virus.

Pour sa part, Pierre qui est un bisexuel, aborde le sujet dans le même sens que Jocelyn. Pour lui, l’utilisation des ARV par les PVVIH est une très bonne option pour rester en santé. Père de deux filles, il a attrapé le virus à l’âge de 15 ans. Agé de 35 ans, ses deux filles sont nées après qu’il  ait contracté le virus. « Mes filles ne sont pas porteuses du virus. Tous ces résultats sont possibles grâce aux ARV », a-t-il précisé. Il appelle les PVVIH à continuer de prendre les ARV pour éviter la dégradation de leur santé. Aujourd’hui, il vit avec son  amant qui est aussi testé positif aux VIH.

Dans un document-témoignage produit par l’Institut PANOS[i], des PVVIH ont parlé des bienfaits des ARV sur leur santé. «  Je suis Elsie. J’ai été testée positive au VIH en 1990, à une époque où les ARV (antirétroviraux) n’étaient pas encore disponibles en Haïti, les PVVIH étaient stigmatisés et discriminés dans les institutions privées et publiques. Par amour pour ma personne et mes quatre enfants, dont une adoption, j’ai dû me lancer dans une rude bataille pour continuer à vivre et défendre mes droits », peut-on lire dans le document.

Plus loin, elle indique qu’elle a connu de mauvais moments  dans sa vie. « J’ai vécu  les pires cauchemars dans ma vie avant de prendre des ARV, plus d’une vingtaine de jours. J’ai commencé à prendre les ARV en 1992. À l’époque, les PVVIH devaient avaler 24 comprimés par jour. C’était un protocole très lourd avec des effets indésirables », a-t-elle  indiqué.

Dans une interview accordée au journal Le Quotidien News récemment, Dr Rachid Dorsainvil, Directeur-Adjoint du projet, nous explique que les ARV permettent au système immunitaire du patient de récupérer, de vaincre les infections opportunistes et d’éviter le développement du SIDA et/ou d’autres effets à long terme liés à l’infection au VIH. «Ces bienfaits sont particulièrement prononcés chez les personnes ayant débuté leur traitement tôt. Plus récemment, il a été également démontré que la prise régulière des ARV conduit à un niveau de charge virale indétectable prévenant la transmission sexuelle du VIH d’une personne infectée vers ses partenaires ainsi que la transmission du VIH de la femme enceinte séropositive vers son fœtus ou son nouveau-né », a ajouté Dr Dorsainvil.

Cluford Dubois


[i]https://eegale.com/

Nom d’emprunt ‘’ Jocelyn, Pierre’’.

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