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L’expulsion des femmes haïtiennes enceintes par la République Dominicaine, dénoncée par les organismes des droits humains

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La République Dominicaine récemment pris la décision d’interdire aux femmes enceintes haïtiennes le droit de  recevoir des soins sur  son territoire. Celles qui sont enceintes sur le territoire voisin et qui vivaient en situation irrégulière sont censés, elles aussi privées de ce droit, faire l’objet de rapatriements.

Selon le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR), le gouvernement dominicain lance une véritable  chasse aux migrantes haïtiennes. « 45 femmes, dont 28 enceintes de plusieurs mois, ont été rapatriées le 11 novembre à Belladères, par les agents de l’immigration dominicaine », a dénoncé Mike Lysiace Joseph, responsable de la communication du GARR. « 83 migrants haïtiens, dont 55 femmes et 28 hommes, ont été rapatriés le mercredi 10 novembre 2021 par les autorités dominicaines au niveau du point frontalier officiel de Belladères. 25 femmes enceintes se trouvaient dans ce groupe », a indiqué Monsieur Joseph à notre rédaction.

Le responsable de la communication du GARR déplore les conditions dans lesquelles sont effectués ces rapatriements arguant que de mauvais traitements sont infligés aux ressortissantes haïtiennes après leur arrestation. Il appelle à cet effet le gouvernement haïtien à tout mettre en œuvre en vue de trouver une issue à cette situation.

Des victimes  se plaignent

Certaines victimes ont indiqué qu’elles résident depuis plusieurs années en République Dominicaine. Les femmes noires notamment sont la cible des agents de la migration qui circulent à motocyclette.

À Santiago, des Haïtiens en situation irrégulière ont exprimé leur mécontentement face à la mesure annoncée par le Conseil des migrations, selon laquelle l’accès aux hôpitaux publics  est limité pour les immigrants en situation irrégulière, sauf en cas d’urgence. Ils ont déclaré que cette mesure les affecte, car ils ne peuvent pas se permettre d’aller dans des cliniques privées, et ils n’ont pas d’assurance médicale pour être traités dans ces centres (…).

La   République Dominicaine ne veut pas  transiger sur la question

Le Ministre de la Santé publique, Daniel Rivera, a souscrit à la décision du Gouvernement de ne plus fournir de services de santé aux Haïtiens en situation migratoire irrégulière dans le pays, sauf en cas d’urgence et il a défendu cette nouvelle mesure.

Concernant les parturientes haïtiennes (femme accouchant), il a assuré que les centres de santé publics n’ont pas la capacité nécessaire pour prendre en charge le grand nombre de femmes haïtiennes en travail qui viennent sur le territoire national spécialement pour accoucher.

Le Ministre a expliqué qu’actuellement 33% de toutes les naissances à l’échelle nationale correspondent à des mères haïtiennes et que l’année 2021 devrait se terminer avec 40%.

Le Ministre Rivera a expliqué que dans les hôpitaux de province tels que Valverde et Santiago, 70% des services de natalité sont occupés par des femmes haïtiennes en travail. Appelant les autorités haïtiennes à être responsables envers  leurs citoyens.

De même, il a indiqué qu’environ 80 femmes haïtiennes accouchent dans le pays chaque jour, et on pourrait atteindre le seuil de 100 accouchements par jour si l’immigration illégale n’est pas arrêtée, une situation  que le système de santé, dit-il, ne peut pas supporter en termes de ressources humaines et financières. Notons également que les Haïtiennes enceintes de plus de 6 mois ne seront désormais plus admises en République Dominicaine.

De récents antécédents dans les relations diplomatiques des deux États

Ces expulsions de femmes haïtiennes enceintes en République Dominicaine interviennent une semaine exactement après  un début de tension entre des Autorités des deux pays suite à une publication sur Twitter par le Chancelier haïtien, Claude Joseph, sur la situation sécuritaire en République Dominicaine, qui ne serait pas différente de celle d’Haïti, à en croire le Département d’État américain. Ce message a provoqué de vives réactions de la part des Autorités dominicaines. Le Président dominicain, Luis Abinader, a suspendu le programme des visas spéciaux pour les étudiants haïtiens sur le territoire dominicain. Récemment, le sociologue Daniel Supplice, désigné Envoyé spécial du Premier Ministre Ariel Henry auprès du Président  Luis Abinader, a reçu pour mission  de parvenir à une harmonisation des relations entre les deux pays partageant la même île.

Mario Sylvain

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