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Haïti/éducation : le milieu universitaire a besoin de plus de femmes

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Représentant la région Caraïbe au sein du consortium international d’établissements francophones, l’Université Quisqueya (UniQ) voit dans le leadership féminin un levier de transformation institutionnelle des universités.

Le consortium international d’établissements francophones a été créé par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), dans le but de promouvoir l’égalité entre les sexes, à plusieurs niveaux et dans différents secteurs. C’est dans ce contexte que l’UniQ explore la question et se positionne sur la question. Des cadres de l’Université ont ainsi organisé un webinaire autour du sujet « Les femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche ».

Selon le Recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, la question de l’égalité hommes-femmes en Haïti doit être posée en prenant compte les particularités de la société haïtienne. Il met en garde contre l’erreur de tomber dans des problématiques importées, sans contextualisation au regard de la société. C’est ainsi que pour tenir compte de ce souci, l’UniQ travaille en collaboration avec « Femme, Science et Technologie », une association qui a été fondée avec le soutien du Rectorat de l’institution et que Jacky Lumarque désigne comme un outil de combat. C’est aussi vers cette association que réfère l’Université Quisqueya quand il s’agit d’actions concrètes en lien avec la problématique. Pour le Recteur Lumarque , il ne s’agit pas d’un outil qui se résume à l’Université Quisqueya, mais cette association concerne aussi le monde de l’enseignement supérieur et toute la population.

« Promouvoir la science et la technologie parmi les jeunes, parmi les filles des collèges, des lycées et dans l’enseignement supérieur en général », tel est le combat que mène l’association haïtienne « Femme, Science et Technologie ».

Partageant le même avis que M. Lumarque, la Secrétaire générale de l’université, Darline Alexis, affirme qu’en parlant de l’égalité hommes-femmes en Haïti, il ne faudrait pas détacher la réalité de l’université de celle de la société dans sa globalité. Elle mentionne  « Les questions de représentativité, le pourcentage d’hommes par rapport au pourcentage de femmes, les questions de discrimination, les questions de harcèlement ». Selon elle, si nous en avons moins conscience en Haïti, ce n’est pas que le problème soit moins réel : « Nous sommes dans un pays où la quantité de femmes dans le milieu universitaire est si minime que les questions ne se posent pas avec l’acuité que l’on retrouve ailleurs », explique-t-elle.

Elle continue pour expliquer qu’à l’université comme ailleurs, on retrouve moins de femmes dans les postes de décision, dans le corps professoral par exemple. On rencontre le problème même dans les domaines d’études : moins de femmes en sciences, plus de femmes dans ce qui est sciences humaines et sociales et moins de femmes en « sciences dures ». « Il faut aborder ces questions d’égalité hommes-femmes, il ne faut pas commettre l’erreur de les aborder en les détachant de la réalité de manière plus globale.

Ainsi, au regard de tout cela, Ketty Balthazar-Accou, coordinatrice de l’association haïtienne « Femme, Science et Technologie » dévoile le plan d’action qui sera mis en œuvre par l’Université : « Augmenter le nombre de femmes à des postes de responsabilité, renforcer les structures existantes, adresser de manière régulière les problèmes de violence et de harcèlement, réaliser une enquête pour déterminer l’ensemble des associations dans la Caraïbe adressant la question de l’égalité femmes-hommes, rédiger un plan d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et organiser des webinaires sur la question ». Tant de projets à réaliser pour une meilleure égalité entre les genres en Haïti.

Ketsia Sara Despeignes

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