mer. Mai 25th, 2022

Le Quotidien News

L'actualité en continue

Prenons le peuple comme point d’ancrage!

4 min read

Six mois déjà qu’on fait du surplace. La paix sociale, le retour à la vie normale, la protection des vies et des biens, le respect de la Constitution restent au stade de discours. Le terme le plus courant dans les discours, pour l’heure, c’est le “consensus”.

Personne ne peut avoir en principe d’objection à ce qu’une entente soit trouvée entre les protagonistes afin de sortir le pays de cette impasse. Malheureusement, le bien-être collectif n’est pas la motivation des politiciens. Ce qui est primordial pour eux dans cette lutte honteuse, c’est la prise ou la consolidation du pouvoir.

Cette bataille sans honneur est la cause profonde de cette interminable descente aux enfers. Les thèmes faisant débat n’arrêtent pas d’évoluer. De “rache manyòk, table rase, transition de rupture…, on est arrivé à cette nouvelle notion: “consensus”. Ce mot est sur toutes les lèvres, dans toutes les rencontres, dans tous les salons. Bref, on en parle que de cela.

À cette phase où se trouve le pays à l’approche du 7 février 2022, l’éthique, le civisme et l’humanisme devraient interpeller chacun. Le parler franc s’impose, le pays ne peut plus continuer ainsi.  Il faut mettre fin à cette vile politique “Ôte-toi de là pour que je m’y mette”. La sincérité du cœur, la sensibilité populaire et le patriotisme doivent être les préalables au consensus tant prôné.

Ce 7 février 2022 est annonciateur de profondes incertitudes. Jovenel Moïse n’est plus. Cependant, les querelles politiques demeurent. L’année dernière, durant les jours qui précédaient le 7 février, les opposants au pouvoir faisaient le tour du pays et des médias brandissant l’article 134-2 de la Constitution. Ils attiraient l’attention de l’opinion publique sur la fin du mandat du Président d’alors. Ils se disaient prêts à assurer l’intérim. Pourtant, un an après, malgré l’absence du Chef de l’État, ils cherchent encore cette transition illusoire. Le pouvoir leur a encore filé entre les doigts comme en 2004.

En effet, le 7 février constituera la fin du quinquennat de Jovenel Moïseassassiné dans l’exercice de ses fonctions (indépendamment des considérations faisant croire qu’il avait pris un an de rallonge).Un gouvernement légitime et démocratique devait prendre le relais. Faute de cohésion politique, les mesquins se préparent à brouiller davantage la situation. D’une part, l’exécutif tente de consolider le pouvoir. D’autre part, les partisans du bicéphalisme se préparent à le remplacer.

De fait, l’ambition de devenir chef à n’importe quelle condition a forcé le pays à expérimenter cette forme de gouvernance qui ne cadre ni avec la loi-mère ni avec la tradition haïtienne. En outre, il n’est l’émanation d’aucun consensus politique. Cette semaine, ébranlé par les conclusions de l’accord unitaire de Louisiane et la poursuite du processus de Montana, le Premier Ministre rappelle étrangement Jovenel Moïse dans un discours un peu radical qu’il a tenu. Il se positionne clairement sur l’échéance du 7 février et sur les velléités des instigateurs de Montana et de Louisiane. Il ne veut pas entendre parler d’exécutif bicéphale. Le Président d’Haïti sera élu par la volonté libre du peuple, a-t-il dit. Néanmoins, il ignore à travers ce discours le contexte qui a marqué son accession à la Primature et le pourrissement des conditions de vie de la population depuis son accession au pouvoir.

Cela ne veut pas dire que les autres allaient faire mieux. Loin delà. Mais ces positions radicales entravent les discours du vivre ensemble, de rassemblement que lui et les autres accords sont en train de prôner. Dans la Constitution amendée de 1987, seul l’article 149 traite de la question de la vacance présidentielle, mais c’est insuffisant pour dénouer cette situation planifiée et provoquée.

Le départ de M. Moïse occasionne un grand flou à cause de la politique de démantèlement des institutions qu’il avait pratiquée. À cela s’ajoute l’absence de provisions légales pour trancher sur le devenir du pays. Face à cette situation, une seule voie demeure ouverte: un accord global qui prend en compte les besoins de la population, les urgences de l’heure annihilant au passage toutes les ambitions mesquines et toutes les machinations politiques de la part de certains bras cachés qui vivent du désordre, de l’instabilité, du chaos, etc.

Daniel Sévère

Danielsevere1984@gmail.com

Laisser un commentaire