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Le pays sombre pendant que les acteurs politiques se divisent de plus en plus

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Prime Minister of Haiti Ariel Henry speaks during a plenary session of the 9th Summit of the Americas in Los Angeles, California, June 10, 2022. (Photo by Patrick T. FALLON / AFP)

La question du départ du Premier Ministre Ariel Henry est au cœur des débats politiques à l’approche du 7 février 2024. Certains acteurs et partis politiques estiment que le gouvernement de M. Henry a échoué après 30 mois d’activité. D’autres estiment qu’il revient aux secteurs vitaux de se mettre ensemble en vue de trouver une solution durable à la crise.

Le départ du Premier Ministre Ariel Henry à la tête de la Primature semble être imminent pour certains dirigeants politiques du pays. Après 30 mois d’échec de l’actuelle équipe gouvernementale, il ne reste qu’à planifier son départ du pouvoir, déclare  Schultz Simpssie Cazir, secrétaire général de Ansanm pou Ayiti au journal Le Quotidien News le 2 février 2024. M. Cazir rejoint en ce sens la coalition de regroupements politiques et sociopolitiques pour l’avancement de la démocratie qui, à travers une Note de presse parue le 2 février 2024, a fait savoir que l’un des principaux objectifs de la coalition, est de travailler pour obtenir le départ du Premier Ministre de facto Ariel Henry et mettre en place par consensus un Pouvoir Exécutif conforme à l’esprit de la Constitution du 29 mars 1987.

À en croire les signataires de cette Note, les deux autres objectifs principaux de la coalition, c’est d’entamer d’une part, des discussions avec les autres acteurs et entités politiques ou sociopolitiques pour rechercher un large consensus sur une sortie de crise, d’autre part, d’élaborer avec des partenaires politiques une feuille de route axée sur : a) la restauration de l’ordre républicain et de la sécurité sur l’ensemble du territoire ; b) le renforcement et le fonctionnement des institutions républicaines ; c) le respect des engagements internationaux contractés par l’État haïtien ; d) la création de conditions nécessaires à la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine ; e) la réforme de la Constitution du 29 mars 1987; f) l’organisation d’élections inclusives et  crédibles pour installer des élus légitimes à la tête du pays.

De son côté, Schultz Simpssie Cazir affirme que les rencontres se multiplient entre les différents pôles politiques qui ont émergé au cours des deux dernières années dans la perspective de planifier les lendemains du 7 février. « Ces démarches peuvent et doivent aboutir à un mécanisme de remplacement de Ariel Henry », martèle-t-il en précisant qu’il ne voit pas comment Ariel Henry peut rester au pouvoir après le 7 février. « C’est l’un des dirigeants les plus impopulaires que ce pays ait connu. Aujourd’hui, c’est la population qui ne veut pas de Ariel Henry. Un pays détruit comme Haïti ne peut plus supporter des violences et des blocages de rue, des manifestations violentes. Or, avec Ariel Henry au pouvoir, après le 7 février, les activités académiques, commerciales et administratives seront paralysées », affirme-t-il.

C’est le même son de cloche auprès de la coalition qui, dans sa Note, lance un appel aux forces politiques, économiques, sociales et religieuses pour une large concertation sur une formule de rétablissement d’un pouvoir exécutif, conforme à l’esprit de la Constitution de 1987, articulé autour de la Présidence et d’un Gouvernement inclusif dirigé par un Premier Ministre de consensus.

La coalition de regroupements politiques et sociopolitiques pour l’avancement de la démocratie peint un tableau triste du pays sous la gouvernance d’Ariel Henry

Selon les signataires de la coalition, il y a une dégradation persistante de la situation politique, économique et sociale du pays depuis l’installation le 20 juillet 2021 du Gouvernement d’exception dirigé par le Premier Ministre de facto Ariel Henry. Sous la gestion de ce Gouvernement, rappellent-ils, le BINUH a recensé en 2023 en Haïti plus de 8 400 victimes directes de la violence des gangs, chiffre en augmentation de 122% par rapport à l’année 2022.

Les signataires de cette déclaration conjointe se sont dits alarmés par l’indifférence du Premier Ministre de facto et de ses ministres face aux souffrances et aux difficultés des déplacés internes (146 000 en 2023 selon le BINUH) provoquée par l’action criminelle des gangs opérant en toute impunité, entre autres, dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et le Bas Artibonite.

« La situation chaotique que connaît le pays actuellement résulte des actions et des inactions du Premier Ministre de facto au cours des 30 derniers mois d’exercice d’un pouvoir personnel, incompétent et inefficace », écrivent-ils. À cet effet, les partis politiques signataires se disent convaincus « que la présence au pouvoir, dans les conditions actuelles, du Premier Ministre de facto, Ariel Henry, alimentera durablement dans le pays une situation de troubles et d’instabilités préjudiciables au développement économique, au bien-être de la population et à l’épanouissement de la jeunesse, mettant ainsi en péril le projet démocratique du peuple haïtien ».

Selon  Schultz Simpssie Cazir, le départ du responsable de la Primature est déjà un élément sur lequel ils se sont déjà entendus.

Ariel Henry doit-il rester au pouvoir au-delà du 7 février 2024 ?

Au regard de l’accord baptisé Consensus National pour Une Transition Inclusive et des Élections Transparentes signé le 21 décembre 2022 et publié le 3 janvier 2023 au journal officiel Le Moniteur dont le Premier Ministre Ariel Henry a été l’un des signataires, la transition prendra fin le 7 février 2024. Il est dit dans l’article 20 de cet accord « que les signataires du présent Consensus conviennent que la période de transition englobera les nouvelles élections générales qui se tiendront en 2023 et l’entrée en fonction d’un Gouvernement nouvellement élu le 7 février 2024 ». Respecter un accord signé, n’est-ce pas synonyme d’homme responsable ?

Alors que de nombreux endroits du pays sombrent dans le chaos, les acteurs politiques veulent, soit se maintenir au pouvoir en dépit de leur incapacité, soit prendre le pouvoir (pour assouvir ou pas leurs intérêts personnels) pendant que la population civile nécessiteuse reste la grande victime.

Notons que le Collectif du 30 janvier, Debout Citoyen, Debout Patriote, Front uni pour une sortie de crise efficace et durable, Protocole du 17 octobre sont entre autres les entités politiques et socio-politiques retrouvées au sein de la coalition de regroupements politiques et socio-politiques pour l’avancement de la démocratie. Aussi précise-t-on que cette Note porte les signatures de Liné Balthazar, Edgar Leblanc Fils, Rodolph Joazile entre autres !

Jackson Junior RINVIL

rjacksonjunior@yahoo.fr

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