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L’incinération des pneus en Haïti : Un phénomène néfaste pour l’environnement et la santé humaine

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La combustion des pneus, une forme de protestation récurrente en Haïti, est liée aux mouvements de protestation populaire. Cette habitude devient préoccupante si l’on pense à ses répercussions sur l’environnement et la vie humaine. Face à ces différents enjeux, le collectif des journalistes engagés pour l’Environnement (COJHEE) lance un appel à la responsabilité de tous, particulièrement des organisateurs et des manifestants afin de privilégier des modes d’expressions pacifiques plus respectueux de l’environnement.

Le COJHEE se dit consterné par cette méthode de protestation représentant un défi pour un environnement sain et la santé humaine. « L’incinération des pneus en guise de barricades génère d’importantes émissions de gaz toxiques et de particules fines. Cette mauvaise pratique risque de causer de graves problèmes respiratoires et cardiovasculaires. De plus, la combustion incomplète des pneus libère des substances polluantes, contribuant à la dégradation de la qualité de l’air et à la contamination des sols », a-t-il fait savoir, enproposant des alternatives, notamment l’utilisation de barricades symboliques et non polluantes pour faire entendre les revendications sans nuire à l’environnement.

Selon le collectif, l’abattage d’arbres pour ériger des barricades représente l’une des pertes considérables de ressources naturelles précieuses. « Les arbres jouent un rôle crucial dans l’absorption du carbone, la purification de l’air et la régulation du climat. Leur destruction arbitraire menace l’équilibre écologique déjà fragile en Haïti ».

Toutefois, les responsables de ladite structure réitèrent leur engagement quant à la sensibilisation du public et des autorités aux enjeux environnementaux, encourageant l’adoption de pratiques durables dans tous les aspects de la vie quotidienne, y compris lors des manifestations afin de préserver l’environnement et de construire un avenir plus sain et durable pour Haïti.

Par ailleurs, le Coordonnateur du Groupe d’intervention Écologique (Écovert-Haïti), Arnel Dorlean, croit que cette mauvaise pratique a contribué au fil des ans à la pollution de l’environnement physique haïtien qui est l’espace où vivent des milliers de compatriotes dont dépendent la qualité de vie et la santé.

Le numéro 2 de Écovert-Haïti a rappelé que la fumée des pneus peut entraver notre bien-être en provoquant des maladies respiratoires aiguës comme la pneumonie, le rhume, la pharyngite, la toux, la conjonctivite (otite, infection des voies aériennes inférieures),  la bronchite et la grippe. « Je suis à présent un traitement pour une infection oculaire causée par une allergie avec des pneus enflammées », confie M. Dorlean à Le Quotidien News, soulignant qu’en Haïti, il est crucial d’appliquer les lois sur l’environnement afin d’éduquer la population. 

Le Corps de Sécurité des Aires protégées : entre désorganisation et querelles

Autorisée par le décret du 26 janvier 2006 créant l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP), la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP) a pour mission de sécuriser les aires protégées et d’assurer la protection de l’environnement. Ce corps armé spécialisé intervient dans la prévention et la lutte contre les incendies, la lutte contre la coupe anarchique des arbres. Cependant, la BSAP, en dépit de sa mission environnementale, suscite des interrogations quant à son vrai rôle.

Interrogé sur la grave crise qui règne ces derniers jours au niveau de l’ANAP,  M. Dorlean soutient que l’éclatement du Corps de Sécurité des Aires Protégées n’a rien d’étonnant, puisque « la montagne a accouché d’une souris ». En effet, les recrutements des membres de la BSAP se font dans l’ombre, l’armement de ces agents crée aussi des conflits armés au sein de la population.

L’écologiste souligne également que ces unités ne sont pas déployées dans les aires protégées. « Il y a une base de la BSAP à Hinche, alors qu’il n’y a pas d’aires protégées dans cette zone où sont logés les agents. Il y en a également dans la ville du Cap-Haïtien, mais pas dans le Parc Citadelle, Ramier et à Sans Souci. Dans le Nord Est, les agents de la BSAP étaient absents au niveau du Parc Trois Baie, mais sont présents dans le jardin de Banane de Jovenel Moïse et au Service du Délégué Départemental », a-t-il révélé.

« Le contexte actuel est alarmant, c’est le désordre généralisé. La BSAP qui devrait être un corps au service de l’environnement aurait été plutôt au service des politiciens. Il ne peut être autrement par rapport à ce qui se passe aujourd’hui, quand on confie aux hommes politiques des postes techniques », conclut-il.

Marie-Alla Clerville

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