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Deux mois après les évènements chaotiques de septembre 2022, les activités scolaires peinent à reprendre normalement dans le pays. À Port-au-Prince, les élèves sont plus remarqués dans les rues qu’ailleurs. Cette rentrée timide est liée à la peur et à la limitation des moyens des parents. À cela s’ajoutent les nouveaux tarifs du carburant qui constituent un handicap majeur.

« Ti pa Ti Pa », le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) annonce un nouveau calendrier pour compenser le temps perdu. À Léogâne (32 kilomètres de Port-au-Prince), pas moins de cinq établissements scolaires ont repris leurs activités. Les écoles publiques ne fonctionnent toujours pas. Moins d’un quart des élèves en rapport à l’effectif attendu ont repris la route de l’école.

Paradoxalement, des gens non identifiés ont passé toute la semaine à menacer ces établissements qui ont osé. Ils reçoivent des enveloppes contenant des munitions. Certains ont subi des tentatives d’incendie. Malheureusement, l’école est devenue une arme de prédilection pour faire passer des revendications politiques. Durant cette dernière décennie, on a tout vu et c’est regrettable.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi l’école, en dépit du démantèlement progressif du système éducatif, doit faire l’objet de menaces de toutes sortes ? Comment peut-on penser à changer notre situation en encourageant l’obscurantisme ? Comment parvenons-nous à générer autant de psychopathes dans le pays ? Refuser l’éducation à nos progénitures et nos jeunes, c’est  nous offrir en sacrifice sur un plateau en or.

Après plus de trente ans passés dans la procrastination, le moment est venu de se remettre en question. Les derniers évènements enregistrés dans le pays, invitent à la réflexion. À une profonde réflexion. La gestion basée sur la corruption a produit trop de conséquences perverses. L’affaiblissement ou le démantèlement des institutions publiques n’ont produit aucuns  effets positifs et collectifs. La dépendance aveugle aux étrangers non plus. Les sanctions imposées à plusieurs personnalités haïtiennes, dont un ancien Président de la République, des ex-Premiers Ministres, d’anciens parlementaires montrent à quel point nous avons hypothéqué l’avenir de la nation.

L’école ne peut pas mourir. L’éducation élève une nation. Menacer des responsables d’écoles de mort est une faute grave. Profitons de l’appui de la communauté internationale pour lancer le sentier du développement national. Faisons notre bilan. Lançons pour de vrai la conférence nationale. Facilitons l’émergence d’une nouvelle classe politique. Le Canada ne viendra pas agir à notre place. Les États-Unis non plus. Ils ne font que nous dire que notre situation est chaotique. Que la maison est en feu. Et qu’il nous faut changer notre fusil d’épaule.

Le temps de la partialité est révolu. Il faut entamer d’urgence la réforme de l’État. Il faut sanctionner les coupables. L’État ne peut plus être la cachette de gangs dissimulés sous de faux poils. Nos dirigeants doivent être tous au-dessus de tout soupçon. Profitons du coup de pouce de la communauté internationale. N’oubliez pas au passage que les menaces, les intimidations, les violences, entre autres, ne vont pas enlever votre nom de la liste de l’ONU. Chacun doit payer pour ses actes.

Daniel SÉVÈRE

danielsevere1984@user

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