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Plus de 33 000 personnes ont été contraintes de fuir la capitale haïtienne en l’espace de deux  semaines, selon l’OIM !

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La commune de Pétion-Ville, réputée comme une commune paisible où il faisait bon de vivre, est devenue depuis plusieurs jours la nouvelle cible des individus armés. Cependant, la riposte des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) a déjà fait plusieurs morts dans les rangs des bandits. Par ailleurs, selon l’Organisation Internationale de la Migration (OIM), plus de 33 300 personnes ont été déjà contraintes de fuir leurs maisons dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince  entre le 8 et le 20 mars 2024.

Les bandes armées veulent à tout prix empêcher les paisibles citoyens de la région métropolitaine de Port-au-Prince de vivre en toute tranquillité. Les individus armés continuent de semer la terreur à Port-au-Prince tout comme dans d’autres communes. Dans la matinée du lundi 18 mars 2024, une douzaine de cadavres a été retrouvée à Pétion-Ville. Dans la même journée, des civils armés ont essayé de prendre d’assaut les quartiersde Laboule et de Thomassin. Et cette attaque a fait des morts et des blessés dans les rangs de la population civile et ce, malgré les interventions des forces de l’ordre.

L’aire métropolitaine de Port-au-Prince : une semaine chaotique

Les rues de Port-au-Prince se sont transformées en un véritable champ de bataille durant ces derniers jours. Les rafales d’armes automatiques et les corps sans vie deviennent des faits divers pour les habitants.

Dans la journée du mercredi 20 mars 2024, plus de 5 cadavres ont été retrouvés à Pétion-Ville. En dépit du fait qu’il y avait eu un calme apparent dans la matinée du jeudi 21 mars 2024 à Pétion-Ville et à Delmas, la situation a dégénéré un peu plus tard dans la soirée. Lors des affrontements sanglants entre les agents de la PNH et les civils armés de Delmas 95, le chef de gang de cette zone, Ernest Julmé, alias Ti Grèg 95, a été abattu dans la soirée de jeudi dans son fief. Ancien policier, il a été arrêté le 7 octobre 2021. Il s’était évadé du Pénitencier national le 2 mars dernier. Selon ses propos à la suite de son évasion, il adhérait au mouvement des groupes armés dénommé coalition « Viv ansanm ».

« Le nommé Ernst Julien, alias  » Ti Grèg », chef de gang de Delmas 95, a été mortellement blessé lors d’un affrontement avec des agents des unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti, dans l’après-midi de ce jeudi 21 mars 2024, à Delmas 66 », a fait savoir la PNH sur sa page Facebook.

Dans la journée du vendredi 22 mars 2024, plusieurs cadavres calcinés ont été remarqués dans plusieurs rues à Pétion-Ville, en particulier à la rue Panaméricaine. D’autres cadavres sont également remarqués à Delmas 95. Selon certains riverains, il s’agissait des individus armés qui  combattaient au côté de «Ti Greg 95» et qui ont été abattus par les agents de la Police Nationale d’Haïti.

Des déplacés internes à Port-au-Prince !

L’offensive des bandes armées dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince continue de faire fuir la population civile. En l’espace de deux semaines, plus de 33 000 personnes ont fui la zone métropolitaine de Port-au-Prince pour se réfugier ailleurs, selon ce qu’a annoncé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué de presse paru le vendredi 22 mars 2024.

« Depuis quelques semaines, les attaques armées se sont intensifiées dans la Zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), la capitale d’Haïti. En plus de créer des déplacements à l’intérieur de la ZMPP, les attaques et l’insécurité généralisée poussent de plus en plus de personnes à quitter la capitale pour trouver refuge dans les provinces, en prenant le risque de passer par des routes contrôlées par des gangs », a expliqué l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

À en croire ce dernier, les personnes déplacées ont en majorité (62%) pris des moyens de transport se dirigeant vers les départements du Grand Sud (Grande’Anse, Sud, Nippes et Sud-Est). « Il est à noter que cette région accueille déjà plus 116 000 personnes qui avaient en grande partie fui la ZMPP durant des mois passés », a rappelé l’OIM en soulignant que les provinces n’ont pas suffisamment d’infrastructures et les communautés hôtes n’ont pas de ressources suffisantes qui peuvent leur permettre de faire face à ces flux de déplacements massifs venant de la capitale.

Les personnes déplacées vivaient dans quelle commune ?

La majorité des personnes déplacées avaient comme résidence habituelle les quartiers situés dans la ZMPP, notamment dans les communes de Port-au-Prince (29%), Delmas (15%), Pétion-Ville (13%) et Carrefour (7%), a révélé l’OIM en précisant qu’une grande partie d’elles (73%) étaient déjà déplacées internes et la moitié d’entre ces dernières, se sont déjà déplacées plus d’une fois, et ce, pour des raisons liées aux violences et à l’insécurité. « Parmi ces personnes déjà déplacées, 73% s’étaient réfugiées auprès de leurs proches et 27% ailleurs, avant de décider de quitter la ZMPP », a expliqué l’OIM.

Jackson Junior RINVIL

rjacksonjunior@yahoo.fr

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