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Que faut-il faire présentement?

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Depuis plus d’un demi-siècle, on se livre une guerre fratricide sans répit. On se querelle pour obtenir des postes politiques à tout prix et des avantages de toutes sortes. On négocie en cachette des mesquineries. On se fait prédateur des lois et des institutions. Nous liquidons notre Président et attendons que d’autres pays nous fassent justice.

Au retour de l’exil de l’ex-Président Aristide, plus d’un accueillait comme une victoire la dissolution des Forces Armées d’Haïti (FAD’H) en 1994. On refusait de questionner cette décision qui visait seulement à protéger le pouvoir d’un Président frustré, orgueilleux et, peut-être traumatisé. Plus jamais, les géniteurs des coups d’état (les militaires) ne seront plus. Vaut mieux avoir les casques bleus. C’est plus garanti.

Plusieurs années se sont écoulées, la question de la remobilisation des Forces Armées d’Haïti modernisées demeure un tabou. On obéit aux caprices des pays dits amis d’Haïti pour soutenir la thèse que cette force n’est plus nécessaire. Que la Police Nationale d’Haïti (PNH) peut suffire.On se met à nu pour se comporter comme des prostitués.

À présent, nous voici au beau milieu d’un labyrinthe. Les actions de nos dirigeants passés et présents nous réduisent à un territoire de non droit. On est devenu la risée du monde. On se joue de nous comme des marionnettes. On nous ridiculise dans les assemblées. Des étrangers discutent si oui ou non, nous devons avoir de la stabilité. De la sécurité. Quand est-ce que nous devons avoir un Gouvernement légitime. Ils décident de tout à notre place. Nous leur avons donné gratuitement ce droit de nous commander.

Qui plus est, la République Dominicaine se réserve, elle aussi, le droit de nous marcher dessus. De décider de ce qui nous revient de droit. Pour connecter un canal sur la rivière Massacre, il nous faut sa permission.Ce ne sont pas eux qui n’allaient pas profiter de notre descente aux enfers. De nos compromissions sordides pour des miettes.

À ce niveau, parait-il, nous auront besoin de la permission des Dominicains pour manger. Pour parler le créole ou le français. Pour savoir si nous aurons le droit de donner des noms et des actes de naissance à nos enfants. Pendant qu’ils discutent d’une solution avec Haïti sur la question de la construction du canal, ils ordonnent la fermeture de leurs frontières. Ils renforcent leur présence militaire. Ils interdisent l’entrée sur leur territoire à certaines personnalités haïtiennes qui seraient, disent-ils, commanditaires de ce canal. C’est ce qui arrive quand on a vendu son droit d’aînesse.

Les deux pays ont des relations tendues depuis des lustres. Des incidents racistes ont coûté la vie à beaucoup de nos compatriotes sur l’île voisine. Ce conflit qui vient d’éclater comporte beaucoup de risques pour les deux pays, notamment pour les Haïtiens qui sont souvent victimes d’abus en tous genres. Au niveau commercial et économique, les impacts seront considérables. Et de prime abord, les deux Gouvernements ont des difficultés à dialoguer autour de la question. L’agitation des Dominicains bloque un peu cette discussion.

On est en face d’actions provocatrices de la part du Chef de l’État de la République Dominicaine qui opte pour la force en mobilisant son armée. En décidant de fermer ses frontières alors que les deux parties étaient en discussion. Face à cette situation, la République d’Haïti doit continuer à chercher le dialogue sans se laisser marcher dessus. Mais, la nation haïtienne doit aussi se servir de cette occasion pour faire son autocritique et se ressouder.

Daniel SÉVRE

danielsevere1984@gmail.com

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