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Jean Baden Dubois :« la contribution des femmes dans les différentes sphères d’activités du pays se retrouve souvent noyée dans les statistiques nationales»

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Intervenant dans le cadre du   forum des femmes, le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti(BRH), Jean Baden Dubois  a présenté la situation des femmes haïtiennes dans le secteur économique. Selon  M. Dubois, « les données de l’enquête FinScope ont  confirmé que 75 % de ces femmes vivent d’emplois précaires ; seulement 9% sont bancarisées, et environ 75% n’épargnent pas et n’investissent pas ».

En vue de promouvoir le Plan National d’éducation financière (PNF), la Banque Centrale, a organisé du 20 au 21 mai 2021, au Cap-Haïtien, le forum des femmes, autour du thème « Education et Autonomisation financières : Renforcer la résilience des femmes rurales ». En effet, des femmes regroupant divers associations entrepreneuriales évoluant dans le pays  ont pris part à cette activité. Les discussions étaient accentuées sur les  difficultés auxquelles font face les femmes haïtiennes dans le secteur économique.

D’entre jeu, le patron de la BRH, Jean Baden Dubois a souligné que les femmes figurent parmi les catégories les plus affectées par la crise sanitaire de Covid-19. « Chez nous en Haïti, les statistiques révèlent que les femmes sont majoritaires, car 51% de la population âgée de 15 ans et plus sont des femmes. Ces données, entre autres, laissent présager que l’exclusion financière des femmes constitue alors un des éléments contribuant  à ce qu’on appelle la féminisation de la pauvreté en Haïti », a déploré le titulaire de la BRH.

En outre, Jean Baden Dubois a indiqué que les données de la Banque mondiale montrent que sur les 1.7 milliard de personnes qui n’ont pas accès aux services financiers, 1 milliard sont des femmes, ce qui représente 56% du total. « Ces personnes habitent pratiquement toutes dans des pays en voie de développement et à faible revenu, dont Haïti, et nécessitent des programmes d’appui financiers et non financiers », a-t-il déclaré.  

Pour aider ces femmes à se révéler , aux dires de M. Dubois ,  « la banque centrale en plus de son support au renforcement de l’infrastructure financière, a mis en œuvre des programmes spécifiques (programme pro-croissance) en vue de promouvoir certains secteurs productifs clés à forte valeur ajoutée et à fort potentiel, susceptibles d’avoir des retombées directes sur les activité économiques des femmes, dont celles que nous tenons à mettre en évidence ce matin :  les activités économiques de nos madan Sara ».

Par ailleurs, il a mentionné que la contribution des femmes dans les différentes sphères d’activités du pays se retrouve souvent noyée dans les statistiques nationales. « Pourtant, la collecte d’indicateurs désagrégés est importante pour cerner les problèmes d’inégalité de genre, de répartition de la richesse et pour sensibiliser les institutions à leur engagement à jouer leur participation dans la résolution de ces problèmes », a souligné Jean Baden Dubois.

Selon le numéro un de la banque centrale, au-delà d’une aide économique, un cadre règlementaire peut aussi permettre aux femmes d’avoir une indépendance financière. En ce sens, il pense qu’on devrait changer les procédures, et parfois la loi, peut être nécessaire pour ouvrir l’accès à la finance aux femmes. « Une très bonne raison pour ce faire car plusieurs études ont montré que les femmes sont des emprunteuses hors pair, car les crédits qui leur sont octroyés sont le plus souvent remboursés à 90% », a révélé le gouverneur.

Cluford Dubois

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